Nos rédacteurs ont rédigé l’analyse du sujet de l’épreuve d’espagnol LV2 ECRICOME 2026 ! Retrouvez-la ci-dessous. L’épreuve demande de maîtriser le vocabulaire, la grammaire et l’orthographe, mais aussi de mobiliser des connaissances sur les enjeux du monde hispanique et contemporain. Grâce à cette analyse en espagnol LV2 ECRICOME, vous comprendrez mieux ce qui est attendu.
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L’analyse du sujet Espagnol LV2 ECRICOME 2026
Version
La version de cette année est issue du Diario Financiero, journal économique chilien. Le texte portait sur la montée en puissance d’Elizabeth Arévalo Pakarati, maire de Rapa Nui révélée au grand public lors de la gestion d’une alerte tsunami en juillet 2025.
Le texte n’était pas particulièrement difficile sur le plan syntaxique, mais le vocabulaire était parfois plus technique et culturellement situé qu’il n’y paraissait. En particulier, le texte recelait plusieurs pièges stylistiques et culturels qu’il fallait savoir déjouer.
Les références culturelles à ne pas manquer
Le texte s’inscrivait dans un contexte chilien. Par exemple :
- Mucho Gusto : bien que la note de bas de page en précisait la nature, il fallait l’intégrer élégamment dans la traduction.
- La Moneda désigne le palais présidentiel chilien. Ici, traduire par « la monnaie » aurait été un contresens grave et sanctionné. « Aspire a La Moneda » → « aspire à la présidence » ou « vise le palais présidentiel ».
Les pièges stylistiques
Quelques tournures se prêtaient mal au mot à mot et faisaient appel à l’intelligence de traduction.
- « El miedo llegó a la isla » → « La peur s’est emparée de l’île » plutôt que « La peur arriva sur l’île »
- « amenazaba con transformarse en tsunami » → « menaçait de se transformer en tsunami ». La structure amenazar con + infinitif est un classique en espagnol et « menaçait avec » est un calque maladroit
- « un periodista poco dado a los cumplidos » → « un journaliste peu enclin aux compliments » ou « peu coutumier des éloges »
- « con casi tres décadas en el poder » → « fort de près de trois décennies au pouvoir » car « avec près de trois décennies au pouvoir » est moins naturel en français
- « Me encanta » → « je suis conquis » est plus élégant que « j’adore », qui est correct mais un peu familier
La difficulté du discours rapporté
Un des pièges du texte était également la citation de Neme, qu’il fallait intégrer naturellement à la traduction, en évitant une rupture brutale dans le discours. Neme parle de plus sans verbes conjugués (« Totalmente tranquila, administrando la dificultad ») ce qui sonne moins bien en français. Le sujet laissait donc le soin aux candidats de reconstruire une structure plus idiomatique sans trahir le rythme et le ton admiratif de l’intervention de Neme.
De plus, la traduction de « presidenciable » pouvait poser problème car si le mot « présidentiable » existe en français, il est très peu naturel à l’oral. « Elle a vraiment l’étoffe d’une président » était un exemple de bonne solution.
A retenir : il était important de faire attention au style adopté dans le texte et d’éviter les traductions trop littérales.
Thème
Le texte était tiré de Sud-Ouest et AFP, et traitait de la critique adressée par le Conseil d’Europe au gouvernement espagnol en matière de lutte contre la corruption.
Du fait de ce sujet assez technique, l’article présentait des difficultés grammaticales et lexicales caractéristiques du français journalistique. Malgré tout, le fond et le ton du texte étaient plutôt accessibles et compréhensibles.
Les tournures passives et nominales à reformuler
En français, les constructions passives et nominales sont très communes, mais ce n’est pas le cas en espagnol. Il était donc important que les candidats changent la structure syntaxique des phrases pour les adapter à l’espagnol.
- « L’Espagne épinglée par le Conseil de l’Europe » → on rétablit une structure active avec « El Consejo de Europa critica a España » ou on utilise un passif avec ser (et surtout pas estar) : « España ha sido criticada por el Consejo de Europa »
- « restent à mettre en œuvre » → « quedan por aplicarse ». La structure quedar + infinitif était ici très attendue, mais on pouvait aussi employer « están aún por implementarse »
Le vocabulaire institutionnel
Au vu du sujet traité par l’article, les candidats devaient maîtriser un vocabulaire politique et juridique.
- « épinglée » → il fallait trouver un équivalent idiomatique comme « señalar », « criticar », « reprochar »…
- « lacunes » → « carencias » ou « deficiencias », et non « lagunas » dans ce contexte institutionnel
- « hauts dirigeants » → « altos cargos » est l’expression consacrée
- « mettre en œuvre » → « aplicar », « implementar » ou « llevar a cabo »
- « remettre un rapport » → « presentar un informe »
La consigne des chiffres en toutes lettres
Le sujet précisait explicitement d’écrire les chiffres en toutes lettres. Un oubli coutait des points facilement évitables.
Les pièges du subjonctif
On ne peut pas copier-coller la structure de la phrase entre le français et l’espagnol. Dans le texte, « demande aux autorités espagnoles de remettre » → « pide a las autoridades españolas que presenten un informe ». Ici, utiliser l’infinitif sans la conjonction « que » aurait été une erreur de grammaire rédhibitoire.
A retenir : le thème semblait accessible sur le fond mais exigeait une solide maîtrise du vocabulaire institutionnel, et une grammaire irréprochable sur des points précis comme le subjonctif, ou le « a » du COD de personne.
Essai
Sujet 1 : A su parecer, ¿cómo influyen las relaciones internacionales en la situación política de Venezuela?
Ce sujet portait sur le poids des acteurs extérieurs sur la crise politique vénézuélienne. Il mêlait donc l’actualité, la géopolitique, l’économie et la question des droits humains.
Les enjeux principaux
Il était nécessaire de poser le contexte, notamment le fait que sous l’égide de Maduro, le Venezuela traverse une crise multidimensionnelle depuis plus d’une décennie, aggravée par les sanctions internationales et notamment américaines.
On pouvait structurer la réflexion autour de deux grands axes :
- Les pressions extérieures comme facteur de déstabilisation: les sanctions de Washington ont contribué à l’effondrement de l’économie pétrolière vénézuélienne, alimentant l’exode massif de population (plus de 7 millions de réfugiés vénézuéliens à travers le monde). La reconnaissance d’opposants comme présidents légitimes (Juan Guaidó en 2019) par plusieurs pays occidentaux a fragilisé davantage la légitimité institutionnelle de Maduro.
- Les soutiens extérieurs comme facteur de maintien au pouvoir : à l’inverse, Cuba, la Russie et la Chine apportent un soutien diplomatique, économique et militaire crucial au régime. Sans ces appuis, la pérennité du gouvernement maduriste serait bien plus incertaine.
Des exemples que les candidats pouvaient mobiliser
- La crise de 2019 et la tentative de coup d’État soutenue par Washington
- Le rôle de Petro (président colombien) comme médiateur régional, incarnant une diplomatie de voisinage plus nuancée
- Les accords de la Barbade (2023) et leur suspension, illustrant la fragilité des négociations internationales
- Le référendum sur l’Essequibo (2023) et l’instrumentalisation du nationalisme face aux pressions extérieures
Ce sujet permettait également d’ouvrir sur la question de la souveraineté nationale face à l’ingérence étrangère, débat structurant en Amérique latine depuis les indépendances.
Lire plus : « Relations USA-Venezuela : ce que révèlent les récentes tensions »
Sujet 2 : A su parecer, ¿lo justifica todo el activismo ecológico?
Ce sujet était plus philosophique et éthique. Il ne s’agissait pas de défendre ou d’attaquer l’écologie, mais d’interroger les limites et les moyens du militantisme environnemental. La formulation ¿lo justifica todo? appelait clairement à une réponse nuancée.
Les enjeux principaux
D’un côté, il était légitime de rappeler l’urgence climatique et la légitimité fondamentale de l’activisme écologique : face à l’inaction des gouvernements, des mouvements comme Fridays for Future ou Extinction Rebellion ont su mettre la crise climatique à l’agenda mondial. En Amérique latine, des militants comme Berta Cáceres (Honduras) ont payé de leur vie leur engagement pour la défense de l’environnement.
D’un autre côté, le sujet invitait à questionner certaines formes radicales d’activisme : actions de désobéissance civile, sabotages d’infrastructures, attaques contre des œuvres d’art. Ces méthodes soulèvent des questions éthiques légitimes.
Pistes de développement
- La distinction entre fin et moyens : une cause juste justifie-t-elle tous les moyens ?
- En Amérique latine, la criminalisation des défenseurs de l’environnement (le continent est le plus meurtrier au monde pour les militants écologistes selon Global Witness)
- L’écoterrorisme et ses dérives
- La tension entre urgence et démocratie : peut-on justifier des actions illégales ?
Lire plus : « Les Enjeux environnementaux en Amérique Latine : défis, coopération et solutions »









