Rencontre avec Martin Bravais, étudiant de prépa qui a décidé de cuber et a réussi à intégrer l’ESSEC.
Bonjour Martin, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Martin Bravais, j’ai 20 ans, et j’intègre l’ESSEC à la rentrée après avoir passé trois années en classe préparatoire au Lycée Saint Jean de Douai.
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Pourquoi avoir fait le choix de faire une prépa après la terminale ?
Au sortir de la terminale, j’ai beaucoup hésité entre une école de commerce post-bac et une classe préparatoire. J’ai choisi la classe préparatoire, car cette formation permet d’apprendre à travailler sous pression, une qualité essentielle dans de nombreux métiers aujourd’hui. Un autre avantage était que, si la première année ne me plaisait pas, je pouvais me réinscrire sur Parcoursup pour intégrer une école de commerce post-bac. Je pouvais également valider une licence d’économie en parallèle de ce parcours.
Finalement, ce qui a définitivement conforté mon choix d’intégrer une classe préparatoire était la richesse du cursus proposé. En effet, j’avais suivi un parcours scientifique au lycée, avec les spécialités mathématiques, physique et informatique. Au lycée Saint-Jean de Douai, grâce à mon parcours en mathématiques approfondies et en géopolitique, je me suis découvert un véritable attrait pour cette dernière matière, ce qui a, rétrospectivement, confirmé la pertinence de mon choix.
Peux-tu nous raconter comment se sont déroulées les deux années de prépa ?
La classe préparatoire est souvent présentée comme la suite logique du lycée. Je ne l’ai pas vécue de cette manière. En effet, les attentes sont difficilement imaginables pour un lycéen. La différence quant à la charge de travail demandée est très importante, et cette marche à franchir m’a surpris. Les premiers mois furent assez compliqués. En effet, je n’avais jamais été un « gros bosseur » au lycée. J’ai tant bien que mal rattrapé mon retard et réussi à garder le rythme, mais je suis toujours resté dans la seconde moitié de la classe malgré mes efforts. Il a été assez difficile, mentalement, de ne pas voir mes efforts récompensés. Le plus grand défi de la prépa est de ne pas se décourager malgré l’absence de résultats. Pour résumer, cette première année m’a été très utile pour la deuxième, car elle m’a permis d’apprendre à travailler sans ménager mes efforts, une qualité primordiale pour la suite de ma prépa.
J’ai vécu une deuxième année de classe préparatoire bien différente de la première. J’avais réussi à adopter une méthode de travail en première année, que j’ai continué à suivre en carré. Cela m’a permis de consolider les acquis de la première année en mathématiques, tout en approfondissant mes connaissances en géopolitique. Cette année a été particulièrement enrichissante, car la perspective des concours ajoute une pression constante au travail quotidien. Pourtant, le véritable défi restait les mathématiques. En effet, dans la filière mathématiques approfondies, il est primordial d’obtenir de très bons résultats dans cette matière si l’on veut intégrer une bonne école. Ainsi, j’ai énormément travaillé les mathématiques, non par choix, mais par nécessité. Cela m’a empêché d’accorder suffisamment de temps aux autres matières, ce qui explique en partie mes résultats en carré. Plus généralement, cette année a été vraiment compliquée sur tous les plans : arriver au lycée pour travailler et repartir sans avoir pu voir le soleil, constater que les résultats ne progressent pas ou peu… Il est très important de ne pas se replier sur soi-même et de conserver une bonne hygiène de vie pendant cette année. Le sport est véritablement un pilier de la classe préparatoire.
Quelle école avais-tu eu à l’issue de tes deux ans ?
A l’issue de mes concours, j’ai été admissible puis admis à Audencia et NEOMA. J’étais vraiment déçu de ces résultats car je voulais vraiment aller à l’EDHEC, ou je me projetais depuis le début de l’année.
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Pourquoi avoir pris la décision de cuber ?
Malgré ces admissions, j’ai choisi de cuber, car ces écoles ne me satisfaisaient pas et, surtout, je ne voulais pas avoir de regrets. Il était très important pour moi de ne pas regretter mon parcours en classe préparatoire, quitte à sacrifier une nouvelle année de ma jeunesse. Après avoir tant donné pendant deux ans, j’estimais que cela en valait la peine.
J’ai ainsi eu l’opportunité d’effectuer cette troisième année au lycée Saint-Jean de Douai, mes résultats me le permettant. De plus, j’étais persuadé de pouvoir progresser, obtenir de bien meilleurs résultats et, ainsi, intégrer une meilleure école. Enfin, en s’inscrivant parallèlement à l’université pendant l’année de cube, il est possible de valider une licence, puis éventuellement de poursuivre en master à l’université si l’école intégrée ne convient finalement pas au terme des trois années.
As-tu cubé dans la même prépa ?
J’ai choisi de cuber dans la même prépa, car j’avais mes habitudes à Douai et je ne me voyais pas revenir travailler chez moi, à Paris. Je connaissais les professeurs et le fonctionnement de l’établissement, et je ne voulais pas tout changer pour cette dernière année : autant conserver mes bonnes vieilles habitudes.
Quels sont tes conseils pour ceux qui veulent cuber ?
A tous ceux qui se demandent si il faut khuber, je conseille de beaucoup réfléchir sur deux axes :
Est-ce qu’il vous reste de l’énergie : la prépa est le programme le plus exigeant en France, et est-ce que envisageable de refaire encore 50% du temps “normal” de la prépa. Ce n’est pas un choix à prendre à la légère, et il faut être honnête avec soi-même pour éviter d’exploser en vol, et de devoir arrêter en plein milieu de la khube, ou d’avoir une école pire que celle sur laquelle la khube a été faite. Vous pouvez alors vous poser une deuxième question.
Est-ce que plus tard vous aurez un regret sur “j’aurai pu mieux faire et donc avoir une meilleur école”. Si vous avez ce regret, il faut khuber direct. Sinon, cela veut dire que l’école que vous avez eu vous satisfait. Alors dans ce cas, pas besoin de khuber.
Au-delà de ça, ne khubez pas seul, assurez-vous d’avoir un groupe d’amis pour partager cette expérience à plusieurs.
Lors de ton année de cube tu as décidé de présenter quelles écoles ?
J’ai choisi de présenter de HEC jusqu’à GEM pour être sur d’avoir au moins une école, quoi qu’il arrive pendant les concours.
Tu as intégré l’ESSEC, quelles ont été tes notes ?
J’ai eu de très bonnes notes à l’écrit ce qui a permis d’avoir peu de pression à l’oral. Voici mes notes aux épreuves écrites de la BCE.
J’ai eu l’ESSEC grâce à ma performance aux psychotechniques qui a permis de compenser mes performances très moyennes à l’oral.
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