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Comptabilité nationale : les indicateurs incontournables en ESH

Sommaire

Le chapitre de comptabilité nationale est souvent négligé en ESH, pourtant, il pose les fondations de la compréhension de tout le programme d’économie. Il est extrêmement valorisé d’insérer des indicateurs dans tes dissertations ou à l’oral en colle, en particulier en introduction et en développement. Ces connaissances apportent de la rigueur et de la précision dans ton argumentation. Les indicateurs présentés dans cet article sont au coeur de la macroéconomie et il est impératif de les maîtriser car sont souvent mal connus. N’oublie pas que les questions sur les indicateurs sont très nombreuses à l’oral.

 

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Les indicateurs d’investissement 

Taux d’I = (FBCF/VAB) x 100

FNCF (formation nette de capital fixe) = FBCF (formation brute de capital fixe) – CCF (consommation de capital fixe = amortissement).
La formation brute de capital fixe (FBCF) est principalement réalisée par les sociétés non financières (SNF), qui représentent 50 % de l’investissement total. Les ménages en représentent 25 %, essentiellement à travers l’achat de logements et les grosses réparations. Les administrations publiques (APU) contribuent à hauteur de 18 %, tandis que les sociétés financières (SF) et les ISBLSM représentent respectivement 4 % et 1 %.

La FNCF traduit la variation réelle de capacité de production. C’est donc un investissement d’extension.

On intègre progressivement l’investissement immatériel (dépenses de R et D, dépenses de marketing, de formation, achats de logiciels …) à la FBCF depuis la SCN 93 et la SEC 95. Auparavant, l’investissement immatériel était considéré comme des consommations intermédiaires. Depuis la SEC 2010 (système européen des comptes nationaux), on intègre presque toutes les dépenses d’investissement immatérielles.

Après la crise sanitaire, la FBCF connaît trois années consécutives de reprise, de 2021 à 2023.

L’investissement s’est retourné en 2024 (la FBCF a diminué de 2% par rapport à 2023) mais reste environ 7 points de pourcentage supérieur au niveau pré-covid.  Le taux d’investissement brut atteint 22% fin 2025, avec une stabilisation prévue en 2026.

 

Taux d’épargne 

Pour les entreprises, c’est la part de l’EBE (excédent brut d’exploitation, ce qu’il reste à l’entreprise après avoir payé notamment salaires, cotisations sociales et impôts sur la production) qui n’est pas distribuée. C’est donc la part de l’EBE qui est disponible pour l’autofinancement.

Pour les ménages, c’est la partie du RDB n’étant pas destinée à la consommation (épargne brute = RDB – consommation finale).
Depuis 2020, le taux d’épargne des ménages (EB/RDB × 100) reste supérieur à son niveau moyen d’avant-crise, qui s’établissait à 14,6 % du RDB. En effet, fin 2024, le taux d’épargne des ménages s’établit à 18,4 % du RDB, avant de légèrement reculer à 18 % du RDB en 2025. En 2026, selon les prévisions de l’OFCE, le taux d’épargne devrait atteindre 17,4 %, restant ainsi supérieur à son niveau moyen d’avant-crise, en raison de la diminution de la « taxe inflationniste » et de la baisse de la rémunération nominale de l’épargne.

Le taux d’épargne est central en macroéconomie : les pouvoirs publics cherchent souvent à influencer ce taux, à la hausse comme à la baisse. Ainsi, dans une conception libérale, la croissance économique est impulsée par une épargne, qui donne lieu à un investissement, lequel permet l’accumulation de capital et donc le phénomène recherché. On retrouve le théorème de Schmidt qui énonce que « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain ». A l’inverse, un taux d’épargne trop élevé, comme en Chine actuellement, peut nuire au bien-être de la population et fragiliser le modèle de croissance qui repose excessivement sur les exportations et trop peu sur la consommation.

L’épargne nationale c’est l’épargne cumulée des secteurs institutionnels (ménages, SNF, APU…).

 

Consommation

En comptabilité, il faut bien distinguer consommation finale et consommation finale effective.
La consommation finale correspond aux dépenses effectuées par les ménages pour acheter des biens et services destinés à satisfaire directement leurs besoins. 
CF = consommation marchande + paiement partiel des services marchands + production pour emploi final propres

Néanmoins, pour faciliter et permettre les comparaisons internationales, on privilégiera plutôt l’instrument de consommation finale effective, en raison des systèmes sociaux très hétérogènes.  Beaucoup de dépenses sont socialisées en France. Elle représente la “véritable” consommation et correspond à ce que les ménages consomment réellement, qu’ils aient payé eux-mêmes ou que cela ait été financé par un autre agent. La CF effective est donc souvent plus élevée que la CF (par exemple lorsque l’Etat paie des soins médicaux).

CF effective = CF + dépenses individualisables des APU et des ISBLM. 

 

Taux d’autofinancement

Il désigne la part de l’investissement de l’entreprise qui pourrait être financée par l’épargne brute (EB/FBCF). S’il est supérieur à 100 %, les entreprises financent la totalité de leurs investissements en interne sans avoir besoin de s’endetter. S’il est inférieur à 100 %, elles doivent recourir au crédit ou à l’augmentation de capital 

Le taux d’autofinancement en France est historiquement faible : en effet, les entreprises françaises financent davantage leurs investissements par de la dette. Se financer par la dette permet, dans le meilleur des cas, un effet levier, ce qui signifie que les entreprises ont pu par la dette augmenter leur capacité d’investissement. Combiné à des taux d’intérêts faibles, l’effet levier peut être très puissant. Cependant, depuis les réformes libérales des années 1980, l’autofinancement a considérablement augmenté : pour information, il était d’environ 70% dans les années 1970, et a atteint 113% en 1998 ! En 2024, le taux d’autofinancement en France s’est stabilisé aux alentours de 93%. 

 

Taux de marge 

Le taux de marge est un indicateur de rentabilité d’un produit ou d’une activité. Il se mesure en rapportant l’EBE sur la valeur ajoutée brute (VAB). On a donc : Taux de marge = (EBE / VAB) x100. Si on a une hausse du taux de marge, alors on peut parier sur une hausse de l’EBE, ensuite de l’épargne brute, ce qui augmente la capacité d’autofinancement et implique potentiellement une augmentation des investissements.

Le taux de marge des sociétés non financières (SNF) est supérieur d’environ 1 point de pourcentage à son niveau pré-Covid. Il demeure toutefois inférieur à celui observé dans plusieurs autres pays européens. Les différents volets de la politique de l’offre menée depuis 2013, visant notamment à réduire le coût du travail et la fiscalité pesant sur les entreprises, ont néanmoins permis de restaurer le taux de marge des SNF : celui-ci est passé de 30 % de la VAB en 2012 à 32 % en 2024, malgré les différentes crises traversées. Cette amélioration masque toutefois d’importantes disparités entre entreprises, comme en témoigne la hausse des défaillances, notamment après l’expiration progressive des dispositifs de soutien liés aux prêts garantis par l’État (plus de 66 000 défaillances en 2025).

 

Conclusion 

Connaître ces indicateurs montre que tu possèdes un recul historique et analytique suffisant pour traiter des sujets de macroéconomie. Les examinateurs apprécieront ta précision, qui est au centre de l’économie et permet d’éviter les discours oisifs. Il est important de saisir les enjeux des indicateurs, de comprendre comment ils sont calculés et de les appliquer systématiquement à tes raisonnements.

 

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Romain Tortet