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Les 250 ans des États-Unis célèbrent-ils Donald Trump ou l’unité nationale ?

Sommaire

Le 4 juillet est une date clé pour l’Amérique, elle célèbre en premier lieu son indépendance mais rappelle aussi les valeurs et principes sur lesquels elle s’est fondée. Cette année pourtant, la célébration a été prise en charge par l‘administration Trump rompant avec les éditions précédentes. 

Ainsi, assistons-nous alors à un nouveau visage de l’Amérique ?  

 

A retenir au sujet des Etats-Unis

Task force 250 : groupe de travail présidentiel créé par Donald Trump via l’Executive Order 14189 

Boston Tea Party : En 1773, il y a une protestation pour lutter contre les taxes illégales imposés par les Britanniques en jetant les thés à la mer.  

American Dream : idéologie américaine selon laquelle n’importe qui peut réussir sa vie aux Etats-Unis avec du travail et de la détermination.  

Patriot Games : compétition sportive inventée par le président Donald Trump où des jeunes (1 fille et 1 garçon )  de 14 à 17 ans s’affronteront en représentant leur état avec à la clé une bourse de 250000 dollars. 

 

Le contexte politique aux Etats-Unis… 

Depuis l’élection de Donald Trump en Novembre 2025, l’Amérique est passée par plusieurs crises politiques, économiques et sociales majeures. Parmi elles, on peut citer la question de l’immigration, le shutdown ou encore les tentatives d’assassinats manquées et réussies. Cette situation fragile fait des Etats-Unis aujourd’hui, une société extrêmement polarisée. 

 

Lire plus : illustration des tensions aux Etats-Unis

 

…qui met en scène deux visions de la société américaine

Cette polarisation s’est aussi jouée dans l’organisation du 4 Juillet. Depuis 2016, c’est l’organisation America 250, signée par l’ancien président Barack Obama qui est en charge des festivités. Néanmoins, seulement 9 jours après son investiture, Donald Trump a signé un décret, créant le groupe Task Force 250,  qui a donné naissance à Freedom 250, une structure qui rompt avec les idéologies précédentes. 

Voici un tableau qui résume les grandes différences de ces deux structures : 

 America 250 Freedom 250 
Structure Bipartisane Partisane 
Organisation Créée par le congrès et dirigée par des citoyens et élus des deux partis  Créée via un décret présidentiel et dirigée par le président et son vice-président  
Financement  Directement par le congrès Partenariat public-privé  

 

L’instrumentalisation du 4 juillet par l’administration Trump  

Les deux organisations étant en concurrence, elles ont naturellement opté pour une approche différente. 

D’un côté, America 250, qui célèbre l’Amérique à travers son histoire. Dès décembre 2023, l’organisation reconstituait en grandeur nature l’évènement du Boston Tea Party pour son 250e anniversaire, dans une logique de continuité mémorielle jusqu’en 2026.  

De l’autre côté, Freedom 250 a misé sur une stratégie inverse, le but étant de montrer la grandeur de l’Amérique. Deux évènements forts ont fait retentir la toile : Le défilé militaire et le combat UFC à la Maison Blanche. L’un a été célébré comme les 250 ans de l’armée américaine et marque les Etats-Unis comme « le meilleur pays du monde » d’après Donald Trump. Il rajoute d’ailleurs que « notre pays sera bientôt plus grand et plus fort que jamais ». Quant au combat de MMA, il est plus difficile d’y trouver un lien avec l’histoire américaine si ce n’est que cet évènement relève des intérêts personnels du président. D’autant plus qu’un sondage d’IPSOS montre que seuls 16% des Américains approuvaient cet évènement à la Maison Blanche.  

On peut aussi relever que ces évènements tombent tous les deux respectivement le 14 juin 2025 et 2026, soit à la date d’anniversaire de Donald Tump. Ce qui pousse à se demander si le but était de célébrer l’Amérique ou de célébrer son président. 

Son discours assez partisan n’arrange pas la situation. En effet, Donald Trump a centralisé son discours sur les thèmes de sa campagne notamment le communisme, la continuité du droit de porter des armes ou encore le retour du “ American Dream “. Il a par ailleurs fait un lapsus dans son discours en évoquant un potentiel troisième mandat : « Nous avons reconstruit notre armée lors de mon premier mandat. Nous l’avons un peu utilisée dans notre… en fait, je devrais dire troisième mandat, mais je ne le ferai pas parce que je ne veux pas de controverse » ce qui illustre ses potentiels projets pour l’avenir. 

Son prochain évènement, les Patriot Games, sera à surveiller et ne fait déjà pas l’unanimité. Cette compétition sportive se déroulera du 9 au 11 août 2026. 

 

Lire plus : les mesures que veut mener Donald Trump pour son deuxième mandat

 

Ce qui n’a toujours pas changé dans l’histoire américaine

En dehors des critiques sur l’autocentrisme du président, il reste un fait inchangé : la reconnaissance du rôle de l’esclavage dans l’histoire américaine. Mais cette problématique a été encore plus négligée cette année par l’administration Trump. Des statues de propriétaires esclavagistes ont été déplacées à Washington D.C telles que celles de Caesar Rodney. De même que les financements et subventions qui contribuaient à des recherches sur le sujet ont été réduits. 

Ce qui souligne la difficulté pour les Etats-Unis d’adopter une vision commune de leur histoire et de la célébrer ainsi unis. 

 

Ce qu’il faut retenir de ces 250 ans 

C’est plutôt une nation divisée qui a célébré son 250e anniversaire. Cette rupture, d’abord institutionnelle, a indirectement servi à promouvoir un parti plutôt que le pays. Finalement, le miroir aura davantage reflété l’histoire de Donald Trump que celle d’une Amérique unie.  

 

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Anais Mani