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Écoles de commerce : places et candidats aux concours de 2019 à 2026

Sommaire

Le nombre de places en école de commerce ouvertes à la voie prépa est passé de 7 595 en 2019 à 6 850 en 2026. Les vingt-trois écoles recrutant sur les concours BCE et ECRICOME offrent donc 745 places de moins qu’il y a sept ans, soit une contraction de 9,8 % de l’offre. Ce chiffre global cache pourtant deux mouvements de sens opposé, et c’est leur écart qui raconte l’essentiel de ce qui s’est joué dans la filière depuis 2019.

Mister Prépa a reconstitué l’intégralité des séries : places ouvertes, candidats, affectés à l’issue de la procédure SIGEM et taux de remplissage, école par école et année par année, de 2019 à 2026. Les quatre tableaux complets sont publiés plus bas et librement consultables.

 

Combien de places en école de commerce en 2026 ?

Les vingt-trois écoles ouvrent 6 850 places à la voie prépa en 2026. NEOMA reste la plus grosse pourvoyeuse avec 705 places, devant KEDGE (560), SKEMA (565), GEM (545), emlyon et Audencia (525 chacune). À l’autre extrémité, cinq écoles ouvrent moins de 60 places : INSEEC (55), Excelia (50), Clermont SB (60), ISC Paris (30), Brest BS et SCBS (20 chacune).

Les sept tableaux qui suivent partagent la même structure, écoles en lignes et années en colonnes. Trois d’entre eux portent sur des places, deux sur des candidatures, un sur des affectés et un sur des taux. Chaque tableau est précédé d’une note de lecture précisant ce qu’il mesure.

 

Tableau 1 – Nombre de PLACES ouvertes à la voie prépa, par école, 2019-2026

Lecture : nombre de places que chaque école met au concours pour les candidats de prépa. À ne pas confondre avec le tableau 2, qui porte sur les candidatures.

École20192020202120222023202420252026
HEC Paris400400400400400400415415
ESSEC420420420430430430445445
ESCP395410410420420420430430
EDHEC520520520520500490490490
emlyon540540540540525525525525
SKEMA530540580580550550565565
NEOMA690690690690690690705705
Audencia490530530540510510525525
GEM500500550550530530545545
KEDGE570545545545545545560560
TBS Education375375375350350350360360
IMT-BS17018018016085504545
RSB305310315325325325300300
MBS260260260270270270285285
BSB250250250250240230200200
Excelia1101001009585858550
EM Strasbourg255230230220220150120120
ICN265250265285285215170100
INSEEC270140130130110706055
Clermont SB7070707070506060
ISC Paris1251101004040403030
Brest BS3030303020202020
SCBS5555555525202020
Total7 5957 4557 5457 4957 2256 9656 9606 850

Le nombre de places ouvertes aux concours BCE et ECRICOME est arrêté par chaque école à l’automne qui précède les épreuves, puis confirmé à l’issue de la procédure SIGEM. Ce tableau est mis à jour à chacune de ces deux échéances et couvre l’intégralité des sessions depuis 2019.

 

Une contraction concentrée sur trois années

L’offre est restée remarquablement stable entre 2019 et 2022, oscillant entre 7 455 et 7 595 places. La rupture intervient en 2023, avec 270 places supprimées d’un coup, suivies de 260 en 2024 et de 110 en 2026. Ces trois millésimes concentrent la quasi-totalité du recul.

Cette chronologie a son importance. Les places ouvertes une année donnée sont arbitrées environ dix-huit mois plus tôt, au moment où l’école construit son budget et projette ses effectifs. Les coupes de 2023 et 2024 correspondent donc à des décisions prises en 2021 et 2022, c’est-à-dire immédiatement après les promotions Covid, au moment où plusieurs établissements ont constaté que leurs prévisions de recrutement ne se réalisaient plus.

 

Lire plus : Taux de remplissage SIGEM 2026 : les résultats école par école

 

Le haut de tableau ouvre, le bas ferme

C’est ici que le chiffre global devient trompeur. Répartie entre les dix premières écoles du classement SIGEM et les treize suivantes, l’évolution du nombre de places dessine deux trajectoires inverses.

GroupePlaces 2019Places 2026Variation
Top 10 SIGEM (HEC Paris à KEDGE)5 0555 205+150 (+3,0 %)
Les treize autres écoles2 5401 645-895 (-35,2 %)
Ensemble7 5956 850-745 (-9,8 %)

Les dix premières écoles ont donc légèrement augmenté leur capacité, avec une progression concentrée sur les parisiennes (HEC Paris +15, ESSEC +25, ESCP +35), sur GEM (+45), SKEMA (+35) et Audencia (+35). EDHEC et emlyon font exception dans ce groupe et ont au contraire réduit leur promotion, respectivement de 30 et 15 places, un choix cohérent avec une stratégie de sélectivité.

Le mouvement inverse est nettement plus ample. Sept écoles ont réduit leur offre de plus de la moitié en sept ans : INSEEC (-79,6 %), ISC Paris (-76 %), IMT-BS (-73,5 %), SCBS (-63,6 %), ICN (-62,3 %), Excelia (-54,5 %) et EM Strasbourg (-52,9 %). Ramenées en volume, ces sept écoles ont retiré 830 places du marché à elles seules.

Il ne s’agit pas nécessairement d’un même phénomène partout. IMT-BS a réduit son contingent prépa de manière assumée et documentée, dans le cadre d’une réorientation de son recrutement. D’autres établissements ont ajusté leur offre au fil de l’eau, en fonction du nombre d’étudiants effectivement recrutés l’année précédente. Le résultat est cependant identique du point de vue de la filière : l’offre disponible pour un candidat de prépa s’est restructurée vers le haut.

 

Combien de candidats aux concours BCE et ECRICOME ?

En 2026, la banque ECRICOME enregistre 7 861 inscrits. Côté BCE, le nombre de candidats varie fortement d’une école à l’autre selon sa notoriété, de 1 337 candidatures pour SCBS à 7 740 pour SKEMA, l’ESCP en recevant 6 715 et HEC Paris 5 707.

Ces volumes permettent de tester l’hypothèse la plus naturelle pour expliquer la contraction de l’offre : moins de préparationnaires, donc moins de places. Les données ne la confirment pas.

Le nombre d’inscrits à la banque ECRICOME, qui constitue le meilleur indicateur disponible de la taille du vivier puisqu’une inscription unique y donne accès à l’ensemble des écoles membres, passe de 7 660 en 2019 à 7 861 en 2026. Le vivier n’a pas fondu, il est même légèrement plus large aujourd’hui qu’avant la crise sanitaire. Il a connu un creux net en 2023, à 7 374 inscrits, puis s’est redressé. La contraction de l’offre ne répond donc pas à une contraction du nombre de candidats à l’échelle de la filière.

Côté BCE, les candidatures aux trois parisiennes progressent également sur la période : 5 248 à 5 707 pour HEC Paris, 5 843 à 6 326 pour l’ESSEC, 5 950 à 6 715 pour l’ESCP. Les écoles qui perdent des candidats sont d’abord celles du milieu et du bas de tableau, avec des reculs marqués pour GEM (7 319 à 5 341), TBS Education (6 181 à 4 478) ou IMT-BS (2 596 à 1 916).

 

Tableau 2 – Nombre de CANDIDATURES reçues par école, 2019-2026

Lecture : nombre de candidats inscrits au concours de chaque école. Ce tableau ne comporte volontairement pas de ligne de total : un même étudiant postule à une dizaine d’écoles, et additionner les colonnes reviendrait à le compter autant de fois.

École20192020202120222023202420252026
HEC Paris5 2485 3185 2145 3415 1705 6045 7545 707
ESSEC5 8435 8865 8055 7885 6466 0906 3586 326
ESCP5 9506 1866 0346 1275 9816 4616 7726 715
EDHEC7 3347 4477 2327 1816 3306 5516 9567 054
emlyon7 2347 3397 1997 5756 5656 8767 2057 381
SKEMA7 5867 8537 9058 1416 9277 0807 4907 740
NEOMA7 6607 7547 8077 9637 3747 4367 8067 861
Audencia7 9397 8107 3277 4956 1716 4216 8327 033
GEM7 3197 3566 9156 7965 3674 9455 2735 341
KEDGE7 6607 7547 8077 9637 3747 4367 8067 861
TBS Education6 1815 9425 7395 8504 6874 4264 5584 478
IMT-BS2 5962 6532 5892 3581 6521 7551 8481 916
RSB5 7817 1657 8077 9637 3747 4367 8067 861
MBS5 7814 4274 4387 9637 3747 4367 8067 861
BSB3 1023 1052 9843 1202 2602 1702 1072 190
Excelia2 3552 6442 4452 6512 1602 3122 1661 837
EM Strasbourg5 7817 7547 8077 9637 3747 4367 8067 861
ICN2 4102 3812 9303 2002 3642 2902 1551 929
INSEEC2 3972 4002 4872 4511 8271 8351 9151 761
Clermont SB1 9781 8441 8411 9341 4681 5841 6801 553
ISC Paris2 0011 9642 0372 0151 6151 7041 7071 660
Brest BS1 4461 6211 5661 6391 2951 4871 5421 474
SCBS1 4751 5361 5701 5801 2501 3821 3821 337

Une précision de lecture s’impose sur ce tableau. Les cinq écoles membres d’ECRICOME (NEOMA, KEDGE, RSB, MBS et EM Strasbourg) affichent des séries identiques à partir de leur année d’entrée dans la banque, parce qu’une inscription à ECRICOME vaut candidature à toutes ses écoles. Le chiffre correspondant est donc un total de banque et non une mesure de l’attractivité propre à chacune de ces écoles. Les séries BCE, en revanche, sont bien des candidatures par école, chaque candidat choisissant individuellement les écoles auxquelles il postule.

 

Affectés et taux de remplissage : dix écoles sur vingt-trois sous les 80 %

Le nombre d’affectés, c’est-à-dire d’étudiants qui confirment leur intégration à l’issue de la procédure SIGEM, passe de 7 233 en 2019 à 6 465 en 2026. La filière recrute 768 préparationnaires de moins qu’il y a sept ans.

 

Tableau 3 – Nombre d’ÉTUDIANTS AFFECTÉS à l’issue de la procédure SIGEM, 2019-2026

Lecture : nombre d’étudiants ayant confirmé leur intégration, après désistements. À rapprocher du tableau 1, dont il constitue la contrepartie réelle.

École20192020202120222023202420252026
HEC Paris397399398402395396416413
ESSEC420420420435430430445445
ESCP400410415425420420430430
EDHEC525520525525500490495495
emlyon545540545545525525525525
SKEMA535540585585550550568570
NEOMA694690694694690690710710
Audencia495530535545510510530530
GEM505500551555530530550550
KEDGE575545550550545545565565
TBS Education380375341355350350365365
IMT-BS1751801217229324950
RSB310310320330325314301305
MBS265260265275270270290201
BSB25518825525519613710290
Excelia8478799550633627
EM Strasbourg23123022618242639664
ICN21725027029020316510660
INSEEC981315611843434437
Clermont SB364042391216128
ISC Paris7569204519141713
Brest BS212156311812
SCBS142514102100
Total7 2337 2427 2427 3336 6396 5656 6606 465

Ce total inclut le surbooking : plusieurs écoles affectent volontairement quelques étudiants de plus que leur capacité affichée pour absorber les désistements tardifs. Le total des affectés dépasse donc, pour ces écoles, le nombre de places ouvertes.

Rapporté aux places ouvertes, le nombre d’affectés donne le taux de remplissage, l’indicateur le plus suivi de la filière et celui qui structure aujourd’hui la lecture du SIGEM. Nous l’avons plafonné à 100 %, ce surbooking technique n’apportant rien à l’analyse.

 

Tableau 4 – TAUX DE REMPLISSAGE, 2019-2026

Lecture : rapport des affectés du tableau 3 aux places du tableau 1, plafonné à 100 %. La ligne Ensemble est un rapport global et non la somme de la colonne.

École20192020202120222023202420252026
HEC Paris99 %100 %100 %100 %99 %99 %100 %100 %
ESSEC100 %100 %100 %100 %100 %100 %100 %100 %
ESCP100 %100 %100 %100 %100 %100 %100 %100 %
EDHEC100 %100 %100 %100 %100 %100 %100 %100 %
emlyon100 %100 %100 %100 %100 %100 %100 %100 %
SKEMA100 %100 %100 %100 %100 %100 %100 %100 %
NEOMA100 %100 %100 %100 %100 %100 %100 %100 %
Audencia100 %100 %100 %100 %100 %100 %100 %100 %
GEM100 %100 %100 %100 %100 %100 %100 %100 %
KEDGE100 %100 %100 %100 %100 %100 %100 %100 %
TBS Education100 %100 %91 %100 %100 %100 %100 %100 %
IMT-BS100 %100 %67 %45 %34 %64 %100 %100 %
RSB100 %100 %100 %100 %100 %97 %100 %100 %
MBS100 %100 %100 %100 %100 %100 %100 %71 %
BSB100 %75 %100 %100 %82 %60 %51 %45 %
Excelia76 %78 %79 %100 %59 %74 %42 %54 %
EM Strasbourg91 %100 %98 %83 %19 %42 %80 %53 %
ICN82 %100 %100 %100 %71 %77 %62 %60 %
INSEEC36 %94 %43 %91 %39 %61 %73 %67 %
Clermont SB51 %57 %60 %56 %17 %32 %20 %13 %
ISC Paris60 %63 %20 %100 %48 %35 %57 %43 %
Brest BS7 %40 %50 %20 %15 %55 %40 %60 %
SCBS25 %45 %25 %18 %8 %5 %0 %0 %
Ensemble94 %97 %95 %97 %92 %94 %95 %94 %

Le taux d’ensemble est stable, autour de 94 %, ce qui masque à nouveau la réalité. Le nombre d’écoles remplissant moins de 80 % de leurs places passe de six en 2019 à dix en 2026. Deux situations sortent du lot en 2026 : SCBS n’a affecté aucun étudiant de prépa pour la deuxième année consécutive, et Clermont SB en a affecté huit pour 60 places ouvertes. À l’inverse, IMT-BS a retrouvé un remplissage complet après avoir aligné son contingent sur son recrutement réel.

MBS constitue le mouvement le plus brutal du millésime 2026, avec 201 affectés pour 285 places après huit années à remplissage plein. C’est le premier décrochage d’une école du milieu de tableau depuis le début de la série.

 

Lire plus : EDHEC vs emlyon : le duel SIGEM

 

La cascade explique-t-elle le décrochage du bas de tableau ?

L’explication la plus répandue veut que l’ouverture de places par les meilleures écoles assèche mécaniquement le recrutement des suivantes. Chaque place supplémentaire en haut retirerait un candidat au reste de la file. Les données permettent de mesurer cet effet, et il est nettement plus faible que le récit ne le suggère.

AnnéeAffectés du top 10Affectés des treize autres écoles
20195 0912 142
20205 0942 148
20215 2182 024
20225 2612 072
20235 0951 544
20245 0861 479
20255 2341 426
20265 2331 232

Le recrutement des dix premières écoles est une ligne plate. Sur huit millésimes, il ne varie jamais de plus de 175 étudiants entre son point bas, 5 086 en 2024, et son point haut, 5 261 en 2022. Il termine la période 142 au-dessus de son niveau de 2019.

Cette stabilité n’a rien de surprenant une fois posée : ces dix écoles remplissent 100 % de leurs places chaque année, leur nombre d’affectés est donc entièrement contraint par leur nombre de places, et celui-ci n’a progressé que de 3 % en sept ans. Les plus fortes variations individuelles du groupe sont de l’ordre de quelques dizaines d’étudiants, avec GEM à +45, SKEMA et Audencia à +35, ESCP à +30.

Les mouvements considérables que l’on observe chaque été dans le haut du tableau, désistements croisés, remontées de rang, arbitrages de dernière minute, se produisent donc à l’intérieur de cet ensemble et non à son profit. Ils redistribuent des étudiants entre des écoles dont le volume total ne bouge pas, comme le montre notre analyse des désistements croisés du SIGEM 2026.

Sur la même période, les treize autres écoles perdent 910 affectés. L’expansion du haut de tableau ne peut en expliquer que 142, soit 16 % au maximum. Et il s’agit bien d’un maximum : rien ne garantit que ces 142 étudiants auraient rejoint une école du bas de tableau si les places n’avaient pas été ouvertes en haut.

 

Ce que révèlent les places vacantes

Reste à comprendre d’où viennent les 910 affectés perdus par les treize autres écoles. Le calcul écarte une interprétation trop rapide.

 20192026
Places ouvertes7 5956 850
Places pourvues7 1696 420
Places vacantes426430

Une précision de lecture s’impose sur ce tableau. Les places pourvues ne se confondent pas avec le total des affectés du tableau 3, qui s’élève à 7 233 en 2019 et à 6 465 en 2026. L’écart vient du surbooking : une dizaine d’écoles affectent chaque année quelques étudiants de plus que leur contingent, EDHEC à 495 pour 490 places en 2026, NEOMA à 710 pour 705, SKEMA à 570 pour 565. Ces étudiants sont bien recrutés et figurent dans le total des affectés, mais ils n’occupent pas une place vacante ailleurs. Pour calculer la vacance, chaque école est donc plafonnée à sa capacité.

Le nombre de places vacantes est stable sur la période, avec 426 en 2019 et 430 en 2026, pour des variations annuelles comprises entre 213 et 586. La filière ne laisse pas plus de places vides aujourd’hui qu’il y a sept ans. Si elle recrute 749 préparationnaires de moins, c’est d’abord parce qu’elle en offre 745 de moins. La baisse des affectés est, pour l’essentiel, une baisse de l’offre.

Ce qui a changé n’est donc pas le volume de la vacance, mais sa position dans la hiérarchie.

SegmentPlaces vacantes 2019Places vacantes 2026Taux de vacance 2019Taux de vacance 2026
Top 10 SIGEM320,1 %0,0 %
TBS Education, RSB, MBS, BSB, IMT-BS01940 %16,3 %
Les huit dernières écoles42323435,8 %51,4 %

En 2019, la totalité des places vacantes de la filière se concentrait sur les huit dernières écoles du classement. Le milieu de tableau n’en comptait aucune. En 2026, 194 des 430 places vides se situent dans ce milieu de tableau, dont 110 chez BSB et 84 chez MBS. Le problème de remplissage n’a pas grossi, il a franchi une marche et concerne désormais des écoles qui ne l’avaient jamais connu.

Le second constat porte sur les huit dernières écoles. Elles ont supprimé 61,4 % de leurs places entre 2019 et 2026, ce qui aurait dû mécaniquement améliorer leur remplissage puisqu’elles se présentaient avec une cible deux fois plus petite. Leur taux de vacance a fait l’inverse et est passé de 35,8 % à 51,4 %. C’est le seul endroit de cette étude où l’on peut parler d’une dégradation de la désirabilité au sens strict : à offre divisée par deux, le remplissage recule encore.

Ce que mesure le taux de remplissage d’une école du bas de tableau n’est donc plus sa capacité à trouver des candidats, mais le seuil en dessous duquel un préparationnaire renonce à intégrer. Cuber, se réorienter vers l’université, viser un concours AST l’année suivante ou partir à l’étranger sont des options qui se comparent désormais favorablement à l’intégration d’une école mal classée. Nous détaillons les paramètres de cet arbitrage dans notre dossier sur le cube et le choix de recommencer une année.

 

Réduire ses places ne suffit plus à protéger son taux de remplissage

La stratégie d’ajustement décrite plus haut mérite d’être prise au sérieux, parce qu’elle est rationnelle du point de vue de chaque école prise isolément. Un contingent resserré se remplit plus facilement, le taux publié remonte, et le signal envoyé aux futurs candidats s’améliore. IMT-BS en fournit la démonstration la plus nette : après quatre années de remplissage dégradé, l’école a aligné son contingent sur son recrutement réel, à 45 places, et affiche depuis 2025 un taux plein.

Le problème est que cette stratégie n’a pas fonctionné à l’échelle des huit dernières écoles, dont le taux de vacance a progressé malgré une offre divisée par deux. L’ajustement n’a pas rattrapé la vitesse de l’érosion de la demande, et les marges de manœuvre s’épuisent : on ne peut pas réduire indéfiniment un contingent qui compte déjà vingt places.

Les conséquences ne sont pas d’ordre statistique. Une place non pourvue représente trois années de scolarité jamais facturées, et l’effet se cumule sur trois promotions successives. Pour une école dont le programme grande école constitue le cœur du modèle, la question de la soutenabilité se pose à un horizon court. Le sujet des équilibres financiers des écoles est traité dans notre article sur la rentabilité des écoles de commerce, et le coût de la scolarité pour les étudiants est suivi par Planète Grandes Écoles dans son étude sur l’évolution des frais de scolarité des grandes écoles de management.

Une réserve doit être posée ici. Cette étude porte exclusivement sur la voie prépa. Plusieurs des écoles concernées recrutent également par admissions parallèles, par bachelor intégré ou par apprentissage, et il est possible qu’une partie du volume perdu en prépa ait été reconstituée par ces voies. Les données publiques sur les admissions sur titre ne permettent pas de le vérifier avec la même précision, et nous n’affirmons donc rien sur ce point.

 

Places littéraires : de 105 à 535 en sept ans

Le second mouvement de fond de la période concerne les prépas littéraires. Sa lecture demande une précaution méthodologique importante.

Historiquement, il n’existait pas de places réservées aux littéraires. Un candidat de khâgne ou de B/L passait ses propres épreuves mais figurait dans le même classement que les candidats ECG, et celui qui obtenait la meilleure moyenne l’emportait. C’est toujours le fonctionnement retenu par HEC Paris, l’ESSEC et l’ESCP, qui n’affichent donc aucun contingent littéraire. Un zéro dans le tableau ci-dessous ne signifie jamais qu’une école refusait les littéraires : il signifie qu’elle les classait avec les autres candidats.

Le régime alternatif, celui des places à part, réserve un contingent aux candidats BEL et B/L, qui sont alors classés entre eux. Deux écoles seulement le pratiquaient en 2019, NEOMA et KEDGE. Elles sont quatorze en 2026.

 

Tableau 5 – Nombre de PLACES RÉSERVÉES aux candidats BEL et B/L, 2019-2026

Lecture : un tiret signale un régime de classement commun avec les candidats ECG, et non une absence de recrutement littéraire. Seules les quatorze écoles ayant ouvert un contingent réservé sur la période figurent ici.

École20192020202120222023202420252026
EDHEC30354555
emlyon40404040
SKEMA50506580
NEOMA75808080909095100
Audencia50607590
GEM30304030
KEDGE3030303030405050
TBS Education20202530
IMT-BS101055
RSB15252530303020
MBS2025202010
Excelia105
EM Strasbourg20201515151515
ICN201055
Total105145155170440450520535

La bascule de 2023 est spectaculaire : huit écoles ouvrent un contingent réservé la même année, dont EDHEC, emlyon, SKEMA, Audencia et GEM. Le nombre de places réservées passe de 170 à 440 en une saison, puis à 535 en 2026. En sept ans, l’offre destinée aux littéraires a été multipliée par cinq alors que l’offre totale reculait de 10 %.

 

Le vivier littéraire ne suit pas

L’ouverture massive de contingents réservés a produit un effet mécanique que 2026 rend visible pour la première fois.

 

Tableau 6 – PLACES, AFFECTÉS et TAUX DE REMPLISSAGE en filière littéraire

Lecture : les trois dernières colonnes donnent l’historique des affectés, à comparer aux places de la même année dans le tableau 5. Le taux d’ensemble est un rapport global et non la somme de la colonne.

ÉcolePlaces 2026Affectés 2026Taux 2026Affectés 2025Affectés 2024Affectés 2023
EDHEC5555100 %454033
emlyon4045100 %454545
SKEMA8080100 %675555
NEOMA1009797 %959595
Audencia908190 %756555
GEM30413 %122417
KEDGE50714 %354535
TBS Education30517 %192515
EM Strasbourg15427 %355
MBS10220 %1712
IMT-BS5120 %121
Excelia5120 %100
RSB2015 %01312
ICN500 %136
Total53538372 %400424386

Cinq écoles remplissent leurs places littéraires : EDHEC, emlyon, SKEMA, NEOMA et Audencia, qui recrutent ensemble 358 étudiants sur 365 places. Les neuf autres en recrutent 25 sur 170 places, soit un taux de 15 %.

La ligne de partage n’est pas celle du classement SIGEM, et c’est le point le plus intéressant. GEM figure dans le top 10, remplit ses 545 places ECG sans difficulté depuis sept ans, et n’a pas réussi à remplir ses places littéraires : quatre affectés pour trente places ouvertes en 2026, après douze en 2025 et vingt-quatre en 2024. KEDGE, dans une situation comparable au classement, passe de 35 affectés littéraires en 2025 à 7 en 2026. Réussir en ECG et réussir en BEL relèvent visiblement de deux dynamiques de marque distinctes.

L’explication tient d’abord à la taille du vivier. Les candidatures littéraires plafonnent : l’école la plus demandée par les khâgneux en 2026, EDHEC, reçoit 683 candidatures, et ce total recule sur toutes les écoles par rapport à 2025. Avec 535 places réservées, la filière propose donc aux littéraires un nombre de places équivalant à près de 80 % du nombre de candidats qui postulent réellement. Un tel ratio ne peut pas se traduire par un remplissage complet, d’autant que les candidats les mieux classés se concentrent sur un petit nombre d’écoles.

 

Tableau 7 – Nombre de CANDIDATURES LITTÉRAIRES reçues par école, 2019-2026

Lecture : comme au tableau 2, ces valeurs ne s’additionnent pas. Les cinq écoles membres d’ECRICOME partagent une série identique, qui correspond au total de la banque.

École20192020202120222023202420252026
EDHEC639757734683
emlyon652740728674
SKEMA584667664559
NEOMA501755570605677722665568
Audencia523596578488
GEM355339325246
KEDGE501755587605677722665568
TBS Education280331310253
IMT-BS155209180139
RSB755584605677722665568
MBS605677722665568
Excelia200140
EM Strasbourg755588605677722665568
ICN165212188141

Un effet secondaire mérite d’être signalé. Ouvrir une ligne BEL revient à créer un indicateur public de remplissage qui n’existait pas auparavant. Une école en régime de classement commun ne publie aucun taux littéraire, et le sujet reste invisible. Une école qui réserve des places s’expose au contraire à un chiffre annuel, année après année. Le choix d’ouvrir un contingent était destiné à attirer les khâgneux en leur garantissant des places : pour une partie des établissements, il produit aujourd’hui l’effet inverse en documentant publiquement leur difficulté à recruter dans cette filière.

 

Lire plus : Classement SIGEM 2026 des littéraires et comment interpréter son rang en prépa littéraire

 

Méthodologie

Les données couvrent les vingt-trois écoles recrutant sur les concours BCE et ECRICOME par la voie prépa, de 2019 à 2026 inclus. Aucune année n’est manquante.

Les places correspondent au contingent ouvert à la voie prépa, hors admissions sur titre, hors bachelor et hors apprentissage. Les affectés sont les étudiants ayant confirmé leur intégration à l’issue de la procédure SIGEM, donc après l’ensemble des désistements. Les données 2026 sont définitives.

Le taux de remplissage est le rapport des affectés aux places, plafonné à 100 %. Deux totaux coexistent donc dans cette étude et ne doivent pas être confondus : le total des affectés, qui compte tous les étudiants recrutés y compris en surbooking, et le total des places pourvues, qui plafonne chaque école à sa capacité et sert au calcul de la vacance. Ce plafonnement neutralise le surbooking technique pratiqué par plusieurs écoles, sans lequel une dizaine d’établissements afficheraient un taux compris entre 101 % et 102 %. HEC Paris est indexée à 100 % : l’écart occasionnel entre son contingent et ses affectés relève d’un choix de recrutement assumé et non d’une difficulté à remplir.

Les candidats correspondent aux inscrits au concours. Pour les écoles membres d’ECRICOME, ce chiffre est un total de banque et non une mesure par école, une inscription unique donnant accès à l’ensemble des membres. Ce total constitue par ailleurs le meilleur indicateur disponible de la taille du vivier. Il mesure des inscriptions et non des présences aux épreuves, et nous ne l’utilisons donc que pour établir la stabilité du vivier, sans en déduire de comportement individuel.

Sur les places littéraires, une valeur nulle ou une absence de ligne signale un régime de classement commun avec les candidats ECG, et non une fermeture aux candidats de prépa littéraire. INSEEC, ISC Paris, BSB, Brest BS et SCBS n’ouvrent pas de contingent réservé et ne figurent donc pas dans les tableaux 5 à 7.

 

FAQ – places, candidats et taux de remplissage des écoles de commerce

Combien de places sont ouvertes en école de commerce en 2026 ?

Les vingt-trois écoles recrutant par les concours BCE et ECRICOME ouvrent 6 850 places à la voie prépa en 2026, contre 7 595 en 2019, soit une baisse de 9,8 % en sept ans. NEOMA en ouvre le plus avec 705 places, devant SKEMA (565), KEDGE (560) et GEM (545).

 

Combien de candidats se présentent aux concours BCE et ECRICOME ?

La banque ECRICOME enregistre 7 861 inscrits en 2026, contre 7 660 en 2019. Le nombre de candidatures par école à la BCE va de 1 337 à 7 740 selon l’établissement. Le vivier de candidats est donc stable sur la période, alors même que le nombre de places a reculé de 9,8 %.

 

Quelle école a le plus réduit son nombre de places entre 209 et 2026 ?

En proportion, INSEEC arrive en tête avec une baisse de 79,6 %, passant de 270 à 55 places. En volume, INSEEC et ICN suppriment respectivement 215 et 165 places sur la période.

 

Pourquoi des places restent-elles vacantes alors qu’il y a plus de candidats que de places ?

Le nombre de places vacantes est stable depuis 2019, autour de 430 par an. Ce qui a changé est leur position dans le classement : elles se concentraient exclusivement sur les huit dernières écoles, elles touchent désormais aussi le milieu de tableau. Un candidat qui n’obtient que des écoles situées sous son seuil d’acceptabilité choisit fréquemment de cuber ou de se réorienter.

 

Combien de places sont réservées aux prépas littéraires ?

535 places en 2026, réparties sur quatorze écoles, contre 105 places et deux écoles en 2019. Une place réservée est attribuée exclusivement aux candidats BEL et B/L, qui sont alors classés entre eux. Dans le régime alternatif, dit de classement commun, appliqué notamment par HEC Paris, l’ESSEC et l’ESCP, les littéraires passent leurs propres épreuves mais figurent dans le même classement que les candidats ECG.

 

Ce qu’il faut retenir

L’évolution du nombre de places en école de commerce entre 2019 et 2026 ne se résume pas à une contraction de l’offre. Elle décrit une redistribution : le top 10 du SIGEM a légèrement augmenté sa capacité, les treize écoles suivantes ont supprimé plus d’un tiers de la leur.

Cette redistribution n’explique pourtant qu’une petite partie du décrochage. Le recrutement des dix premières écoles est une ligne plate depuis 2019, contrainte par des places qui n’ont progressé que de 3 %, quand les treize suivantes perdaient 910 affectés. Le nombre de places vacantes de la filière, lui, n’a pas bougé : 426 en 2019, 430 en 2026. Ce qui a changé est leur position dans le classement. La vacance était intégralement concentrée sur les huit dernières écoles, elle occupe désormais 194 places du milieu de tableau, dont 110 chez BSB et 84 chez MBS.

Le signal le plus net vient de ces huit dernières écoles : elles ont supprimé 61,4 % de leurs places et leur taux de vacance a malgré tout progressé de 35,8 % à 51,4 %. Réduire son contingent ne suffit plus à protéger son remplissage.

La même mécanique se rejoue sur les prépas littéraires, en accéléré. Les places réservées ont été multipliées par cinq en sept ans, sans que le vivier de candidats ne suive, et 2026 est la première année où l’écart devient visible : cinq écoles remplissent la totalité de leurs places, les neuf autres n’en pourvoient que 15 %.

Retrouvez l’ensemble de nos analyses du classement SIGEM 2026, les confrontations école par école dans nos duels SIGEM, et le panorama complet des établissements dans le classement des écoles de commerce de Planète Grandes Écoles.

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Laurent Mary
Ex-préparationnaire, j'ai à coeur d'aider les étudiants dans leur quête des concours.