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Série fiche #3 : Gun Violence in the US

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Depuis 2006, 3 234 personnes sont mortes dans des mass killings aux États-Unis, un pays pourtant censé montrer l’exemple au reste du monde, cette fameuse « City upon a hill » admirée par beaucoup. Et ce nombre ne cesse d’augmenter. Les citoyens américains sont-ils condamnés à pleurer éternellement la mort de leurs proches ? La question est dramatique, certes, mais elle reflète une inquiétude réelle et largement partagée. Cet article constitue le troisième volet d’une série de fiches thématiques. Bonne lecture.

Voici des liens vers mes autres fiches de la série : 

Sur les médias juste ici : Série fiche #1 : Media

Sur le Manifest Destiny juste ici : Série fiche #2 : Le concept de Manifest Destiny  

 

Quelques faits alarmants pour commencer

Sur 47 présidents, 10 d’entre eux ont subi une tentative d’assassinat. Parmi eux, 4 furent tués et trois gravement blessés. Heureusement que ce n’est pas le cas en France… 

On peut mentionner des tentatives d’assassinat :

– l’attaque de 2011 contre la députée démocrate Gabby Giffords
– la fusillade de 2017 ayant blessé le député républicain Steve Scalise
– la bien connue tentative contre Donald Trump en 2024.

 

Lire plus : Le dessinateur qui va t’aider à avoir des meilleures notes en anglais   

 

Quelle législation encadre le droit de posséder une arme ?

Ce droit repose sur le Second Amendment, qui stipule : “A well regulated Militia, being necessary to the security of a free State, the right of the people to keep and bear Arms, shall not be infringed.” 

 

Pourquoi les Founding Fathers ont-ils inscrit ce droit dans la Constitution ?

Après l’indépendance de 1776, certains (les anti-fédéralistes) craignaient que l’armée permanente, centralisée, concentre trop de pouvoir et puisse opprimer les citoyens. Le rapport de force entre l’armée fédérale et les États devait être rééquilibré. Chaque État disposait donc de sa propre milice (“militia”), composée de citoyens devant s’équiper eux-mêmes. Le droit au port d’armes a donc été introduit pour permettre aux milices de maintenir l’ordre sans dépendre exclusivement de l’armée fédérale, et pour prévenir une éventuelle dérive autoritaire.

Un autre élément important de la législation américaine est la “Stand Your Ground Law”. Cette loi prévoit qu’une personne n’a pas l’obligation de fuir avant d’utiliser une force létale si elle estime qu’elle est en danger de mort ou de blessure grave. Elle est en vigueur dans 30 États, majoritairement républicains. 22 d’entre eux sont en effet Républicains et parmi les 8 autres figurent des “swing states”. Cette loi est très controversée, et le documentaire The Perfect Neighbor disponible sur Netflix en montre bien les dérives. Je vous recommande vivement de le regarder.

 

Lire plus : Tout ce qu’il faut savoir sur la pauvreté au Royaume-Uni 

 

Le grand débat sur le port d’armes aux États-Unis

Ce débat très polarisé oppose principalement démocrates contre les républicains et lobbies pro-armes.

La NRA, LE lobby pro-armes, résume sa position à travers son slogan bien connu : “Guns don’t kill people, le problème ne vient pas des armes, mais des individus qui les utilisent. Le slogan tente de légitimer le port d’armes, même si l’ironie tragique réside dans l’usage du mot kill. Certains objecteront qu’en l’absence d’armes, il n’y aurait pas de victimes. La réalité est toutefois plus complexe.

Les républicains défendent majoritairement le droit individuel de posséder une arme, considéré comme une protection fondamentale.

Les démocrates estiment au contraire que ce sont les armes elles-mêmes qui constituent le problème. Beaucoup militent pour leur interdiction. C’est le cas de Lucy McBath : après la mort de son fils Jordan Davis, tué en 2012 à 17 ans lors d’une dispute dans une station-service, elle a rejoint l’organisation Everytown for Gun Safety et milite pour des bans plus stricts.

Le Parti démocrate n’est cependant pas monolithique. Bernie Sanders, par exemple, a longtemps défendu le droit de posséder une arme avant de changer de position en 2010 et de soutenir désormais l’interdiction des assault weapons.  

 

Lire plus : Tout ce qu’il faut savoir sur le “Nanny Statism” au Royaume-Uni 

 

Quelles solutions à la crise des armes à feu ?

Une solution souvent avancée est l’interdiction des “assault weapons”. L’Assault Weapons Ban Act de 1994, qui a expiré en 2004, interdisait la vente de certaines armes classées comme assault weapons. Pendant cette période, on a observé moins de mass shootings, et moins de victimes. Tandis qu’après son expiration, il y a eu et une forte augmentation des fusillades. Coïncidence ? Peut-être…

Des mesures alternatives ont été adoptées, comme le Bipartisan Safer Communities Act (BSCA) de 2022 : 

– augmentation des financements pour la sécurité dans les écoles
– renforcement des background checks pour les vendeurs et les acheteurs
– enquêtes plus poussées pour les acheteurs de 18 à 20 ans 

La liste est non exhaustive.

 

Lire plus : La dessinatrice qui va t’aider à avoir des meilleures notes en anglais !

 

Les conséquences des armes à feu aux États-Unis 

Le début de la fiche suffisait pour rendre contre de la violence persistante qui sévit aux États-Unis mais voici quelques autres données qui tourne encore plus le couteau dans la plaie.

Parmi les fusillades marquantes de 2025, on peut citer :
– le Stockton shooting (California), le 29 novembre 2025, lors d’un anniversaire d’enfant ; quatre personnes, dont trois enfants, ont été tuées, et plusieurs autres blessées ;
– la fusillade de Midtown Manhattan (New York), le 28 juillet 2025, lorsqu’un homme a ouvert le feu dans un immeuble du quartier d’affaires, tuant quatre personnes (dont un policier hors service) avant de se suicider. Une autre victime a été grièvement blessée.

Pour mesurer l’ampleur du phénomène : on dénombre 629 mass killings depuis 2006, causant 3 234 morts. En 2025, au 7 décembre, on en comptait déjà 17. C’est considérable, « breathtaking », « outrageous », je dirais même.
Cependant, un point positif demeure : 2025 est l’année comptant le moins de mass killings depuis 2006. Réjouissons-nous !

 

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Luke Lord