Dans cette interview, nous donnons la parole à deux étudiants d’HEC Paris : Raphaël Queiros da Silva et Joris Berthet. Après un parcours exigeant en classe préparatoire, ils reviennent sur leurs choix, leurs méthodes et leurs expériences. Découvrez leur témoignage !
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Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Raphaël : Salut, moi c’est Raphaël Queiros da Silva. Je suis né à Lyon, j’ai ensuite étudié au lycée à Saint-Marc et j’ai réalisé ma classe préparatoire à Sainte-Marie Lyon. J’étais en option Maths Appro – ESH en voie ECG et je suis maintenant étudiant à HEC Paris.
Joris : Salut je m’appelle Joris Berthet ,je viens de Valence dans la Drôme. Je suis né à Écully à côté de Lyon, avant de déménager à Paris, puis à Valence dans la Drome, qui reste ma ville de cœur. Après le lycée du Parc, j’ai intégré Sainte-Marie à Lyon en CPGE voie mathématiques appliquées et ESH, et aujourd’hui je suis étudiant à HEC Paris après deux ans de prépa.
Pourquoi avoir choisi de faire une classe préparatoire ?
Raphaël : Au début ça n’a pas été un choix évident. C’est un mélange de discussions avec mes parents, d’intérêt pour les matières de la prépa ECG (maths / éco) et d’envie de trouver un cadre et un bel objectif qui m’ont finalement décidé à mettre des classes préparatoires sur Parcoursup. Je n’étais pas sûr de moi au moment des vœux mais ça a vraiment évolué dans le bon sens pendant les 2 mois où on attendait les résultats.
Joris :Même si peu de personnes dans ma famille avaient suivi une préparation, cela m’a rapidement apparu évident. J’avais envie de continuer à approfondir les matières découvertes au lycée, en particulier l’économie et la philosophie. J’y suis allé avant tout pour les matières, par goût de l’effort intellectuel et pour développer les capacités que je commençais à percevoir chez moi. C’était pour moi une manière de m’investir pleinement dans la culture, l’émerveillement, la compréhension du monde économique et de ce qui m’entoure. Et je pressentais aussi que la prépa m’aiderait à gagner en maturité et à développer une vision plus large et plus profonde des choses.
Sur Parcoursup, quels critères ont importé pour vous ? Qu’est-ce qui vous conduit à choisir Sainte- Marie Lyon ?
Raphaël : Sainte-Marie Lyon était mon vœu de cœur sur Parcoursup. Le cadre est vraiment beau, caché dans les hauteurs de Lyon, les profs et élèves étaient très encourageants pendant les portes ouvertes et mettaient en avant une ambiance familiale et soudée (ce que je cherchais), et c’est une excellente prépa qui ne nécessitait pas de monter à Paris. En plus, il y avait la possibilité de l’internat et ça m’a vraiment apporté d’y être pendant les 2 années de prépa. J’ai choisi Maths Appro en essayant d’anticiper un peu que c’est la matière que je travaillerais le plus pour les concours, et ESH par intérêt depuis le lycée.
Joris : Pour être tout à fait honnête, j’ai regardé le classement. En fait, je voulais être dans une très bonne prépa pour pouvoir être poussé au maximum, et j’avais la chance d’avoir un bon dossier au lycée. La prépa Sainte-Marie à Lyon était donc le choix idéal : elle offrait une excellente formation en voie maths appliquées ESH, comme je le souhaitais, et surtout, elle se trouvait à Lyon, ce qui me permettait de rester confortablement logé chez mes parents. J’avais eu Henri IV et j’ai décidé de refuser le voeu. J’avais aussi entendu parler de la super ambiance à Sainte-Marie, ce qui en faisait clairement mon premier choix. Et puis, cerise sur le gâteau, j’avais un arrêt de bus qui partait d’en bas de chez moi à 2 minutes à pied, et qui allait directement à Saint-Marie en terminus. Donc, ça ne me prenait que 15 minutes alors que j’habitais assez loin. Ce qui ne m’empêchait pas d’arriver en retard un matin sur deux…
Comment s’est passée la transition lycée – prépa ?
Raphaël : Coup dur. J’ai eu la chance de ne pas commencer en fond de classe dans toutes les matières (l’ESH a bien commencé), mais la transition vers les maths appro a été terrible. J’avais préparé le bac de maths en mars et tout coupé après, donc les cours / exos / DM / DS de maths ont vraiment été un choc. Ce qui était bien c’est que ça nous a direct soudé : on a très vite créé des groupes de travail pour se casser les dents ensemble sur les exos de maths, et ces mêmes personnes avec qui j’ai commencé les maths sont devenues mes meilleurs amis pour tout le reste de la prépa.
Joris : La transition a été quelque peu abrupte : au début, j’étais un peu déboussolé. Passer de 18 à 4 en un instant, ça fait un choc : j’ai eu 3 à ma première colle d’anglais. J’avais du mal à comprendre ce que les professeurs attendaient de moi. Mais peu à peu, on développe une méthodologie, on apprend à saisir les attendus, et on découvre surtout un nouvel environnement. À Sainte-Marie, il y avait un vrai esprit de camaraderie : on était soudés, on se soutenait, et on avait nos fous rires en sortant de colle de CG ratée… J’ai eu la chance de progresser assez vite, et se voir avancer reste, à mes yeux, la plus grande satisfaction en prépa.
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Quelles ont été tes matières fortes et celles qui t’ont posé le plus de difficultés ?
Joris : Mes matières fortes ont évolué entre la première et la deuxième année. En première année, j’étais moyen partout, mais j’avais une vraie appétence pour l’ESH, matière dans laquelle je me suis pleinement investi, et qui est vraiment devenue ma matière forte en fin de 1A puis en 2A. J’ai aussi beaucoup travaillé les langues, notamment l’allemand, qui permet de sécuriser de bonnes notes avec un travail régulier. La matière la plus difficile pour moi, comme pour le reste de ma scolarité a été les maths.
J’ai énormément travaillé, fait des annales et suivi les conseils de ma prof, ce qui m’a permis d’obtenir d’excellentes notes au concours. Donc pas besoin d’être un énorme monstre en maths pour performer aux épreuves !
Raphaël : Ma grande matière forte a toujours été l’ESH, de la première à la deuxième année. Je n’avais pas trop de problèmes de rédaction de dissertations et j’assimilais bien les cours car cela m’intéressait vraiment. À l’inverse, les maths ont vraiment été mon maillon faible pendant la première année, et j’y ai consacré énormément de temps. L’avantage des maths est que le travail paie plutôt bien (dans mon cas en tout cas) et que ça a pu devenir une matière forte pour la deuxième année.
Enfin c’est l’allemand qui a été difficile mais c’est aussi au moment des résultats la matière la plus gratifiante j’ai trouvé !
Comment vous êtes-vous organisés durant vos deux années de classe prépa ?
Raphaël : Matrixé des plannings et du Anki. Dès la moitié de la première année, je prenais du temps chaque samedi après-midi pour anticiper les semaines à venir : colles, devoirs maison, DS… Je répartissais ensuite mon temps par matière en fonction des priorités. À côté, je tenais une liste pour chaque matière, avec les tâches à faire, les deadlines, les timelines, etc. Cette organisation m’a vraiment soutenu tout au long de la prépa. Ce qui m’a vraiment aidé pendant les 2 ans c’est d’accepter quand les méthodes ne marchent pas : Une mauvaise note, ce n’est pas si grave en soi, mais elle signale souvent que quelque chose ne fonctionne pas. Il faut savoir rester flexible, être prêt à tout remettre en question et à repenser ses méthodes, même à deux mois des concours.
Mes horaires et méthodes de travail ont beaucoup évolué pendant 2 ans, mais c’est aussi ce qui m’a permis de bien progresser. Nous avions aussi la chance d’avoir de supers profs qui nous guidaient vraiment dans l’organisation des révisions pendant les 2 ans.
Joris : Mon organisation était assez flexible, très différente de celle de Raphaël, qui était très carré. Je n’avais pas de planning fixe et j’adaptais mes révisions selon mes difficultés. En première année par exemple, j’étais moyen partout mais très faible en allemand, donc j’y ai consacré beaucoup de temps.
En deuxième année, j’ai choisi de concentrer mes efforts sur la culture générale, une matière dans laquelle j’avais du mal à performer, quitte à réduire un peu mon investissement dans les autres disciplines. Mon objectif était d’arriver au concours sans faiblesse : chaque matière était travaillée à fond selon mes difficultés spécifiques. Je travaillais beaucoup, et j’avais toujours mon anki à 0, ce qui m’a permis de rester régulier partout sans perdre de niveau.
Concrètement, je me levais à 7h30, prenais le bus, et travaillais jusqu’à 23h, avec peu de pauses, mais en gardant du temps pour le sport (essentiel !), et je sortais quand même le week-end, en général jusqu’à minuit le samedi en semaine normale.
Quelles écoles avez-vous présenté lors des écrits ? Quelles stratégies avez-vous adopté pour les révisions ?
Joris : Pour mes révisions, j’ai présenté toutes les écoles et j’ai surtout mis l’accent sur les maths, la matière dans laquelle je ne m’étais pas encore suffisamment investi. Chaque jour pendant trois semaines, je faisais une annale de maths 1 ou 2, puis je consacrais deux heures à l’ESH, deux heures à la philo et deux heures aux langues. Je remettais tous mes ankis à zéro chaque jour, et je travaillais seul dans ma chambre, ce qui m’a permis d’être très concentré et productif. Cette méthode a payé : certaines questions d’annales sont retombées au concours, notamment en maths II.
Raphaël : J’ai présenté le top 6 BCE + ECRICOME aux écrits. Pour les révisions, on a commencé par une période en cours encadrée par les profs durant 2 semaines où le but était vraiment de faire une synthèse, de cibler les difficultés, de trouver ce qui nous posait encore vraiment problème. Ensuite, on a eu deux semaines en autonomie, et là, on s’était organisé pour partir à quatre en groupe de révisions : on s’est isolés et on a bossé ensemble non-stop. Là c’était pas mal de Anki et une reprise de tous les exos de maths / sujets / annales qui pourraient m’aider à travailler les faiblesses que j’avais ciblées auparavant. Ces deux semaines ont été très utiles, même si ce n’étaient pas les plus productives de ma prépa. J’ai aussi choisi de miser sur le sommeil durant la dernière semaine pour arriver en forme aux écrits.
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Les concours écrits : quelles ont été vos notes par matière ?
Les notes de Joris à l’écrit :

Les notes de Raphaël à l’écrit :

Comment avez-vous appréhendé la période des oraux ? Quelle stratégie en termes de révision ?
Joris : Pour les oraux, je suis passé en session 1 à HEC et mes résultats aux écrits me donnaient de réelles chances d’admission, donc j’ai vraiment poursuivi sur ma lancée. J’ai fait des colles avec mes amis et mes professeurs tous les jours en langues, maths , ESH … Je continuais à travailler et à me renseigner sur les méthodes et attendus de chaque épreuve. Même si je dois avouer que ma préparation était beaucoup moins sérieuse que pour les écrits et qu’il nous arrivait de sortir plus souvent !
En langues, j’ai fait un vrai effort notamment sur la prononciation, j’ai passé un peu de temps sur des sites internet à répéter des mots basiques jusqu’à les dire parfaitement et ça m’a permis de vraiment sur-performer aux oraux de langues, alors que je partais de loin…
Raphaël : Le début de la période des oraux était un peu spécial : retour de vacances, t’as pas envie de te remettre le tunnel des écrits parce que t’as pas encore les résultats et tu les attends longtemps. Mais en vrai c’était bien, tu as plus de temps pour sortir et revoir du monde tout en continuant de pas mal travailler. Après les résultats des écrits, l’ambiance a complètement changé. J’ai eu la chance d’avoir des résultats d’admissibilité très encourageants, et c’était pareil pour plusieurs de mes amis, ça nous a vraiment boostés pour la suite. J’ai doublé un peu la préparation de la CG, et je n’avais pas lâché l’ESH donc ça n’a pas trop changé mes programmes de révision.
Le Tour de France des écoles de commerce : racontez-nous votre expérience !
Raphaël : J’ai fait un aller-retour Lyon-Paris donc je me suis plutôt économisé pour la fatigue grâce aux résultats d’admissibilité. J’ai eu la chance d’avoir pas mal de temps entre mes différents oraux et d’être toujours avec de bons amis donc ce Tour de France s’est très bien passé.
Joris : Au vu des résultats écrits je me suis économisé le tour de France, même si je compte bien aller voir les copains aux quatre coins de la France. J’ai donc juste présenté les parisiennes et j’étais logé chez des copains, j’en garde un super souvenir, surtout une fois que le stress des oraux HEC était passé.
Quelles notes avez-vous obtenues lors des oraux ?
Les notes de Joris lors des oraux :

Les notes de Raphaël lors des oraux :

Quelles ont été vos réactions quand vous avez vu le classement final à HEC Paris : 1er et 3ème ?
Raphaël : Je ne savais même pas encore que les résultats étaient tombés. C’est ma copine qui m’a appelé pour me prévenir, alors j’ai ouvert en FaceTime avec mes parents à côté… C’était totalement inattendu, et j’étais trop heureux. J’ai réalisé au fur et à mesure de l’après-midi, on s’est retrouvé avec Jojo et d’autres maristes puis mes copains du lycée pour fêter ça.
Joris : Quand j’ai vu le résultat, j’ai eu du mal à y croire. J’étais en train de faire l’état des lieux de mon appartement à Lyon et j’ai sursauté devant la fille de la régie, ce qui était assez drôle. J’étais vraiment content et je n’arrêtais pas de rire. Ensuite, je suis allé retrouver Raphaël, on a bu une bière pour fêter ça ! On est restés ensemble toute la soirée, c’était vraiment un super moment.
Qu’est-ce que la prépa t’a appris au-delà des cours ?
Raphaël : Au-delà des cours, la prépa c’était une grande aventure humaine vis-à-vis de ta famille, tes amis, tes camarades et toi-même. J’ai trouvé que la prépa apprend vraiment à savoir à s’entraider, à se supporter, à s’encourager, à se confier et à être un vrai groupe fonctionnel et unis pour faire face tous ensemble. Ça apprend beaucoup sur soi, à se comprendre, et à comprendre le plus possible les autres.
Joris : La prépa m’a appris deux choses qu’on pense souvent incompatibles mais qui, selon moi, vont de pair. D’abord, l’importance de l’ego : se persuader qu’on peut réussir, qu’on peut atteindre ses objectifs, comme intégrer HEC ou mener un projet à bien, et oser se projeter sans gêne. Ensuite, la force de l’entraide : la capacité d’un groupe à se dépasser ensemble, à se stimuler mutuellement et à progresser collectivement. À Sainte-Marie, l’ambiance et les résultats le prouvent : c’est avant tout l’entraide et la bonne atmosphère qui permettent à chacun de progresser et de réussir.
Maintenant que vous avez intégré HEC Paris, quelles sont vos ambitions pour la suite ?
Raphaël : Pour le moment je me suis lancé dans la nouvelle double licence de maths entre HEC Paris et Sorbonne Université en enseignement à distance, et je pense à m’orienter vers le double master avec les Mines l’année prochaine. Pour le moment je n’ai pas d’idée claire de ce que je veux faire, peut-être approfondir des études de macro. Je me laisse cette année pour faire des recherches, rencontrer du monde et clarifier un peu cet aspect là !
Joris : En parallèle de mes études à HEC, je fais une licence de droit à Versailles. Je me laisse l’année pour réfléchir à mon orientation : m’orienter vers le droit privé ou explorer la fonction publique. Je garde toutes les portes ouvertes, mais le droit m’attire vraiment et pourrait devenir un domaine dans lequel je souhaiterais faire carrière si cette année confirme mon intérêt. Je compte ainsi sur cette première année pour définir plus précisément le parcours qui m’attirerait.
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