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Le sport : un objet géopolitique incontournable

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Si le sport est avant tout entendu comme l’ensemble des activités physiques visant à améliorer la condition physique de l’Homme, il s’agit aussi d’un événement populaire et fédérateur central, qui participe à la transmission de valeurs au sein des sociétés.

Le sport est un objet complexe, comme l’illustrent les discours de Pierre de Coubertin, fondateur du Comité International Olympique (CIO, 1894) et précurseur de la rénovation des Jeux Olympiques (JO) : le sport serait le moyen de rapprocher les peuples dans un esprit international tout en préparant les jeunes athlètes à la guerre, dans un contexte de fortes tensions géopolitiques. De plus, l’aspect populaire du sport lui confère une dimension économique et idéologique forte, renforçant alors son rôle géopolitique.

 

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Le sport est un vecteur de puissance au sein des relations internationales

Les compétitions sportives sont le reflet de la hiérarchie des puissances mondiales et demeurent un moyen de démonstration de puissance grâce à leur dimension globale. Par exemple, durant la Guerre Froide (1947-1991), les Jeux Olympiques ont été un terrain d’affrontement américano-soviétique. Les JO de Munich (1972) marquent en effet une double victoire du modèle communiste sur le modèle occidental ( 50 médailles d’or remportées par l’URSS contre 33 pour les Etats-Unis et 20 pour la RDA contre 13 pour la RFA ). Par ailleurs, les JO durant la Guerre Froide ont été marqués par de multiples scandales de dopage soviétiques et campagnes de boycott, démontrant le nouveau rôle du sport dans la géopolitique mondiale.

Ce rôle de miroir de la hiérarchie des puissances mondiales s’est ensuite confirmé avec la montée en puissance chinoise (40 médailles d’or lors des JO 2024, 2e position au classement général) ou encore avec le rôle croissant des pays du MO dans le sport. En effet les pays de la péninsule arabique développent leur soft power (théorisé par J.Nye) en investissant efficacement l’argent généré par la vente d’hydrocarbure. D’une part, les pays du Golfe multiplient les investissements : QSI (Qatar) a racheté le PSG en 2011,CFG (Abu Dhabi) Manchester City, PCP (Arabie Saoudite) Newcastle ou encore Aramco (Arabie Saoudite) est un des partenaires principaux de la Formule 1. D’autre part, les pays du MO considèrent le sport comme un moyen d’affirmation sur la scène internationale, en accueillant un nombre croissant de compétitions sportives, à l’instar de courses automobiles (Abu Dhabi, Bahreïn, Qatar, Arabie Saoudite) ou encore de la Coupe du Monde de football (2022, Qatar).

 

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Le sport est aujourd’hui le reflet de la mondialisation contemporaine et de ses enjeux.

Dans un contexte d’accroissement des échanges (humains, d’informations notamment), porté par l’essor des transports et des NTIC à l’échelle mondiale, le sport est devenu un produit globalisé. De ce fait, de nombreux sports historiquement occidentaux se sont diffusés sur les 5 continents, à l’instar du football (4 milliards de fans environ), du cricket (2,5 milliards de fans et une forte popularité en Inde) ou encore du tennis (1 milliard de fans). Cette popularité croissante s’inscrit dans une dynamique d’occidentalisation du monde et s’est structurée autour d’anciennes colonies britanniques et françaises.

Cette portée des compétitions sportives permet aux différents acteurs et notamment aux athlètes de promouvoir des causes et sujets sociétaux à grande échelle. Par exemple, lors des JO de 1968 à Mexico, les sprinters américains Tommie Smith et John Carlos ont levé le poing et détourné le regard du drapeau américain lors de la cérémonie du podium en guise de contestation contre le racisme systémique affectant les Noirs aux Etats-Unis. Cette tendance s’est ensuite intensifiée depuis le début du 21e siècle, comme l’illustre le nouveau rôle des institutions sportives occidentales. En effet, les acteurs de la sphère sportive développent l’inclusivité du sport, en témoigne les campagnes de promotion des droits LGBTQ+ par les ligues de football anglaises et françaises. Le rôle social du sport a notamment été renforcé par la féminisation du sport.

Le sport est aujourd’hui le reflet des enjeux économiques et financiers de la mondialisation. La financiarisation du sport a été portée par la télévision, facteur principal de l’explosion de l’audience au niveau global. Alors, le sport est devenu un enjeu économique incontournable. Premièrement, on observe une explosion du coût d’achat des sportifs liée à une libéralisation du marché des transferts, comme l’illustrent les ventes de Neymar Jr (222 millions d’euros, football) , Kylian Mbappé (180 millions d’euros, football) ou encore Lebron James (122 millions de $, basketball). Deuxièmement, on assiste à une explosion du montant du sponsoring et des droits TV : ceux de la Coupe du Monde de football 2006 étaient de 1,3 milliards de $ contre 6,2 milliards de $ pour celle de 2022 (source : FIFA). Troisièmement, quelques entreprises dominent le marché et dynamisent le secteur, à l’instar de Nike (51,2 milliards de $ de CA en 2024), Adidas ( 21,4 milliards de $  de CA en 2023) ou encore Puma (8,6 milliards de $ de CA en 2023) * .

Enfin, le sport est également au cœur de controverses sur des sujets sociaux et environnementaux actuels. En effet, l’aspect économique du sport semble parfois prévaloir sur d’autres enjeux. Par exemple, la mégalopole futuriste Neom (Arabie Saoudite) a été désignée pour accueillir les Jeux Olympiques d’Hiver asiatiques de 2029, malgré l’empreinte environnementale pharaonique d’un tel projet.

*Source : Statista

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Marcello Bassi