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La Chine : d’un géant endormi à la deuxième puissance mondiale

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Chine : d'un géant endormi à une super puissance

Depuis 2010, la Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale. Sa croissance économique, lancée dans les années 1980, est tout simplement exceptionnelle. Jamais un pays n’avait connu une telle montée en puissance en si peu de temps.

Voici un décryptage de cette émergence spectaculaire, de son histoire et des nouvelles tendances qui se profilent.

Lire plus : La Chine : une puissance émergée ?

 

Les années 1980-1990 : l’ouverture et la grande transformation

C’est dans les années 1980 que la Chine s’ouvre au reste du monde après la prise de pouvoir de Deng Xiaoping. C’est la fin d’un régime communiste fermé et le début de réformes structurantes. La Chine réussit alors sa politique d’insertion dans la mondialisation en imitant notamment les stratégies japonaises et sud-coréennes. En effet, le modèle chinois repose aussi sur un État fort, planificateur et protectionniste qui oriente les investissements. Gerschenkron dans Economic Backwardness in Historical Perspective (1962) affirme d’ailleurs que les pays « en retard » peuvent rattraper les économies avancées grâce à un État guide qui oriente les investissements vers l’industrie.

La Chine devient rapidement l’atelier du monde en attirant les multinationales grâce à une main-d’œuvre bon marché.  Son économie est alors fondée sur les exportations, elle adopte un modèle de croissance extravertie. Cependant, elle devient parallèlement dépendante de la demande mondiale.

 

Trois décennies de croissance fulgurante pour la Chine 

C’est alors que débute une période de prospérité impressionnante. La Chine affiche des taux de croissance annuels exceptionnels, oscillant entre 8 et 10 % de 1980 à 2010 (Banque mondiale). La Chine s’est appuyée sur un secteur industriel très dynamique. En effet, en 2010, l’industrie représente à elle seule 47 % du PIB chinois (National Bureau of Statistics of China). 
Mais le pays ne mise pas que sur l’industrie : il engage aussi un virage vers les services et modernise son agriculture, suivant notamment la théorie du déversement de Sauvy (1980). Parallèlement, des réformes éducatives permettent d’élever le niveau de qualification de la population et de booster la productivité.

 Cette croissance a généré des externalités positives comme la baisse de la pauvreté. Le taux de pauvreté est passé de 75 % en 1980 à 16 % en 2010 (diminution à nuancer, car cette baisse masque des inégalités sociales et régionales très fortes).

 

Une croissance ralentie et des fragilités structurelles

Les taux de croissance chinois ont cependant diminué depuis la crise du Covid, ils tournent, ces dernières années, autour de 5 % (donnée 2024). Cette tendance à la baisse s’explique par diverses crises, comme la crise immobilière que le pays traverse.

Focus sur la crise immobilière en Chine : Kenneth S. Rogoff dans « Peak China Housing » en 2020, soulignait que la croissance chinoise était tirée par l’immobilier et que la Chine devait donc aller vers une croissance plus équilibrée. En effet, d’après le FMI, l’activité immobilière représentait environ 20 % de la valeur ajoutée totale  en 2020.

Ainsi, lorsque la crise du Covid et le choc démographique ont provoqué l’effondrement des prix de l’immobilier, de nombreux acteurs n’ont plus été en mesure d’honorer leurs dettes. Des promoteurs immobiliers comme Evergrande (l’un des principaux promoteurs chinois) ont été placés en liquidation judiciaire. L’entreprise a même été radiée de la bourse de Hong Kong en 2025. Cette crise a donc affecté l’économie chinoise et continue encore de l’affecter. Rogoff avait donc raison en 2020, quand il recommandait à la Chine de diversifier ses sources de croissance.

 

La Chine en 2025 : entre rebond fragile et défis géopolitiques

Au premier trimestre 2025, la croissance chinoise a atteint 5,4 %. Comment expliquer ce chiffre ? Les exportateurs chinois ont tout simplement accéléré leurs envois de marchandises, anticipant une détérioration des conditions commerciales pour 2025. Les exportations ont donc bondi de 12,4 % en mars 2025. Ce coup d’accélérateur a permis à la Chine de prendre de l’avance sur son objectif de croissance annuelle de 5 %.

Cependant, la Chine semble souffrir à cause de la guerre commerciale avec les États-Unis. Les droits de douane ont augmenté en flèche à partir d’avril 2025 atteignant même 145 % sur les produits chinois. Le commerce bilatéral Chine‑États‑Unis a donc reculé de 14,4% en valeur sur les 8 derniers mois (données de China Briefing 2025). De plus, la Chine souffre d’une demande intérieure faible, en partie liée à la déflation, qui incite les consommateurs à retarder leurs achats. Cette faiblesse est également alimentée par la stagnation des salaires, qui réduit le pouvoir d’achat réel, ainsi que par l’endettement élevé des ménages.

 

Lire plus : Tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine : une guerre douanière aux répercussions mondiales

Conclusion

Ainsi, on ne peut pas affirmer que la Chine se porte mal économiquement aujourd’hui. Cependant la crise immobilière et les tensions douanières ne semblent pas jouer en sa faveur. Pour 2026, la Banque mondiale prévoit un ralentissement de la croissance économique chinoise. Celui-ci s’explique à la fois par un affaiblissement du rythme des exportations et par une hausse de la dette publique.

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Laurent Mary
Ex-préparationnaire, j'ai à coeur d'aider les étudiants dans leur quête des concours.