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Passer les concours BCE et Ecricome depuis une prépa au Maroc

Sommaire
Prépa Maroc concours BCE Ecricome

Ecole de commerce française aprés la prépa au Maroc

 

Il y a deux ans, je me suis inscrite en CPGE ECS au lycée Bab Essahra, à Guelmim. Je pensais savoir ce qui m’attendait. Je ne savais rien. Personne autour de moi n’avait fait ce chemin avant. Pas de grand frère, pas de cousine, pas de professeur qui connaissait vraiment les rouages du système français. J’ai appris seule, à tâtons, souvent trop tard pour que ça m’aide vraiment. Aujourd’hui, admise à Montpellier Business School via le SIGEM, je regarde en arrière et je me dis : si quelqu’un m’avait donné ce guide au début, j’aurais gagné un an de stress inutile.

Ce texte s’adresse à vous, étudiants marocains en première année de prépa. Il s’adresse aussi à vous qui démarrez votre deuxième année en septembre. Si vous lisez ces lignes maintenant, vous n’êtes pas en retard. Vous avez encore du temps devant vous, et c’est précisément le bon moment pour ajuster votre trajectoire. Le seul moment où il est vraiment trop tard, c’est la veille de l’examen. Tant qu’on n’en est pas là, tout reste possible.

 

Le premier défi en prépa au Maroc : apprivoiser les codes

En prépa, il y a tout un vocabulaire à découvrir. Les élèves venus de lycées français, ou de familles où les parents ont eux-mêmes fait une prépa, connaissent déjà les mots. “Colle”, “khôlle”, “taupe”, “SIGEM”, “banque d’épreuves” : ce vocabulaire ne leur est pas étranger. Pour nous, étudiants marocains, chaque terme est simplement une chose de plus à apprendre. Mon conseil : ne perdez pas de temps à faire semblant de comprendre. Demandez. Posez la question qui vous semble évidente. Un peu de curiosité au début vous épargne beaucoup d’incertitude plus tard.

 

Le deuxième point d’attention, c’est le rythme. La prépa marocaine et la prépa française partagent le même programme, mais pas toujours la même culture de la compétition. Certains élèves français arrivent avec des habitudes déjà bien ancrées. Ils ont des réseaux d’anciens et des méthodes qui circulent depuis longtemps dans leur entourage. Nous partons parfois avec un temps d’adaptation en plus. C’est tout à fait normal, et cela se rattrape vite avec de la méthode.

 

Ce que j’aurais fait différemment en prépa au Maroc

Si je devais résumer deux années de prépa en trois leçons, ce serait celles-ci : Premièrement, la méthode compte plus que le volume. Beaucoup d’étudiants marocains, moi la première, pensent que faire un maximum d’exercices suffit. C’est faux. Un correcteur d’écrit lit des centaines de copies avec le même barème strict. Ce qu’il cherche d’abord, ce n’est pas la quantité de connaissances. C’est une structure claire : une problématique bien posée, un plan visible, des transitions nettes, une conclusion qui répond vraiment à la question. Apprenez la méthode de la dissertation ou de la synthèse dès le premier trimestre, pas la veille des concours blancs. Une copie bien structurée avec des connaissances moyennes rapporte souvent plus qu’une copie brillante mais mal organisée.

Deuxièmement, connaissez le barème de chaque épreuve avant de réviser. Chaque concours a ses coefficients. Chaque matière a ses attentes précises. Réviser sans regarder les rapports de jury, c’est réviser à l’aveugle. Les rapports de jury sont disponibles chaque année. Ils expliquent noir sur blanc ce qui a fait perdre des points aux candidats l’année précédente : hors-sujet, mauvaise gestion du temps, oublis méthodologiques. Lisez-les. Ils valent souvent plus qu’un mois de cours supplémentaire.

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Troisièmement, entraînez-vous en conditions réelles, chronomètre en main. La difficulté des écrits n’est pas seulement le contenu, c’est le temps. Beaucoup d’étudiants connaissent leur cours mais n’ont jamais rédigé une dissertation entière en temps limité avant le jour du concours. Faites des annales dans les conditions exactes de l’épreuve. Commencez dès votre première année si possible, et en priorité dès la rentrée de septembre pour les deuxièmes années. La régularité bat le bachotage de dernière minute à chaque fois.

Le rôle de la solidarité

Une chose a changé la donne pour moi : ne pas préparer les écrits seule. J’ai échangé des copies avec une camarade de promotion. Nous nous sommes corrigées mutuellement. Nous avons comparé nos plans avant de les rédiger, et discuté des attentes précises de chaque professeur correcteur. La prépa a la réputation d’être un environnement de compétition individuelle. C’est vrai en partie. Mais entre étudiants marocains, dans un système qui ne nous ressemble pas toujours, s’entraider sur la méthode n’est pas une faiblesse. C’est une stratégie de survie intelligente.

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Comment équilibrer les concours BCE/Ecricome et les concours marocains

Un point que peu de gens abordent : beaucoup d’entre nous préparons en parallèle le concours français (CF) et des concours marocains. Cela peut vite devenir écrasant si on ne s’organise pas.

  • Ne traitez pas les deux préparations comme deux blocs séparés qui s’additionnent. Beaucoup de compétences se recoupent, en particulier en culture générale, en logique et en analyse économique. Quand vous travaillez une méthode de dissertation pour le CF, elle vous sert aussi pour les épreuves marocaines. Cherchez les points communs plutôt que de dédoubler chaque révision.
  • Établissez un calendrier avec les dates réelles des deux concours, dès le début de l’année. Ne le gardez pas seulement dans votre tête. Les concours marocains et le CF ne tombent pas toujours aux mêmes moments. Identifiez les périodes où les deux se chevauchent. Concentrez-vous alors sur les matières communes, plutôt que de tout mener de front au même niveau d’intensité.
  • Ne sacrifiez pas systématiquement l’un pour l’autre par facilité. Il est tentant de se dire “le CF est plus prestigieux, je me concentre dessus” ou l’inverse, “les concours marocains sont plus familiers, je les privilégie”. Les deux méritent une préparation sérieuse. Ils ouvrent des portes différentes, et vous ne savez pas encore laquelle vous conviendra le mieux une fois les résultats connus. Gardez les deux options vivantes aussi longtemps que possible.

 

  • Protégez du temps de récupération. Courir deux concours en parallèle épuise plus vite qu’on ne le pense. Une semaine bien planifiée, avec de vrais moments de repos, vaut mieux que deux mois de travail continu. Ce dernier finit souvent par une baisse de concentration le jour J.

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Ce que Mister Prépa et Prépa+ m’ont apporté, trop tard

Il y a une ressource qui m’a réellement sauvée sur la fin de ma préparation : Mister Prépa. Les fiches de méthode, les retours d’expérience d’anciens candidats, les analyses des sujets tombés les années précédentes : tout ce contenu m’a été précieux. Il m’a fait gagner un temps considérable, au moment où j’en avais le plus besoin. Le problème, c’est que je l’ai découvert bien trop tard, à quelques mois des concours. J’aurais pu m’en servir dès ma première année. Côté mathématiques, Prépa+ m’a aussi été précieuse, avec ses cours en ligne gratuits pensés spécifiquement pour la prépa ECG et ECT.

Il n’est jamais trop tôt, et rarement trop tard, en prépa au Maroc

Le système des Grandes Écoles françaises demande simplement un peu plus de repères au départ quand on vient d’un autre pays. Cela ne veut pas dire que vous n’avez pas votre place, bien au contraire. Cela veut dire qu’il faut être un peu plus curieux et un peu plus organisé pour combler les quelques repères qui manquent au début.

Si vous entrez en première année, vous avez la chance rare de lire ces conseils avant même d’avoir formé vos habitudes de travail. Profitez-en pour installer dès maintenant une méthode solide de dissertation et de synthèse, plutôt que d’accumuler du cours sans structure derrière.

Si vous entamez votre deuxième année en septembre, ne paniquez pas en vous disant que le temps manque. Il en reste. Une année entière suffit largement pour corriger une méthode bancale, s’approprier les rapports de jury, et s’entraîner sérieusement en temps limité. La seule échéance qui ne pardonne pas, c’est la veille de l’examen. Tant que vous n’y êtes pas, chaque semaine compte et peut encore tout changer.

Aujourd’hui, admise à Montpellier Business School, je sais que ce que j’ai vécu n’était pas seulement un concours. C’était un apprentissage précieux de l’autonomie. J’espère que ce texte permettra aux prochains d’y arriver avec un peu plus de repères que moi.

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Arwa El Kamel