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Sujet oral Géopolitique : Populations et développement en Asie

Sommaire

Si tu veux t’entraîner sur un sujet de colle en HGG sur le thème de l’Asie je te conseille de lire cet article qui te donnera des pistes de réflexion.

 

Sujet : populations et développement en Asie

 

Introduction

L’Asie représente 40% de la population mondiale. C’est l’un des plus grands foyers démographiques mondiaux et compte 2 géants démographiques : la Chine et l’Inde qui comptent respectivement 1, 481 milliards et 1, 461 milliards d’habitants en 2025. De fait, la composante de la population est primordiale sur le continent asiatique.

La question de la population amène également celle du développement : est-ce un atout économique, un avantage comparatif et de puissance qualitatif ou bien le nombre freine-t-il les avancées, maintenant les populations dans une situation de précarité ?

Le développement, défini par l’économiste Amartya Sen en 1990 est l’amélioration des conditions et de la qualité de la vie d’une population. Il peut être mesuré par l’IDH, l’indice de développement humain.

Par ailleurs, la population en Asie est aussi plurielle, on parle des populations qui ont des cultures, des histoires et des voies de développement différentes. En effet, on compte environ 2200 langues différentes en Asie, ce qui témoigne de la richesse et de la variété qui font que l’Asie n’est pas un ensemble composite. Il s’agit ici de faire attention à ne pas trop généraliser ou à trop se concentrer sur la Chine en excluant les autres pays asiatiques. Il faut aussi rappeler que le Japon ou encore la Corée se sont développés avant la Chine. Attention donc à ne pas suffisamment prendre en compte l’échelle du temps et les évolutions.

Lire plus: les références incontournables sur l’Asie

 

I.La population comme atout : vecteur de la croissance et de la puissance

 

a) Une population abondante représente une force de travail considérable à mettre à profit. La production peut être décuplée.

Exemple :  C’est ce qu’on appelle la puissance de la masse et que la Chine, notamment sous Mao, a valorisée. La Chine s’est alors développée en se basant tout d’abord sur les populations agricoles puis ouvrières en valorisant le travail. La puissance du nombre est vue comme une richesse dont Mao a voulu maximiser la productivité lors de la politique du Grand bond en avant menée de 1958 à 1961, bien que ce fut un échec.

 Une main d’œuvre abondante est un avantage comparatif recherché par les firmes transnationales.

Lire plus: les  avantages absolus et comparatifs

 

Exemple : Ce fut, en partie, la raison de nombreuses délocalisations dans les années 70-80 des usines occidentales vers les pays asiatiques et notamment la Chine suite à son ouverture sous Deng Xiaoping et la création de zones économiques spéciales. Ainsi, une main d’œuvre en nombre et peu chère est particulièrement recherchée par les entreprises qui souhaitent réduire leurs coûts et bénéficier du principe d’économie d’échelle. La Chine est aujourd’hui dénommée « l’usine du monde » et 50% des biens manufacturés sont produits en Asie.

Krugman considérait que la croissance asiatique s’était faite par « la transpiration » plutôt que par « l’inspiration »

L’Asie est l’aire géographique qui a connu la plus forte croissance économique de la Planète depuis les années 1980. On parle par exemple du « miracle asiatique »

 

b) la population est un réservoir de puissance. La croissance démographique des pays asiatiques leur donne une place prépondérante dans l’histoire de demain

Alain Peyreffite dans son ouvrage Quand la Chine s’éveillera…le monde tremblera (1973)  considère que compte tenu de sa taille et de la croissance de sa population, la Chine finira par s’imposer au reste du monde dès qu’elle maîtrisera une technologie suffisante. Surtout que l’« Empire du milieu » s’est toujours pensé au centre du monde ; y revenir est un simple retour à l’ordre des choses.

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c) Par ailleurs, les populations asiatiques sont présentes à travers le monde et contribuent à l’économie par les remises.

Par exemple, la Chine dispose d’une grande diaspora, présente notamment dans les chinatowns en Occident mais aussi et surtout dans les pays asiatiques du sud est voisins. Les diasporas véhiculent des idées, un art de vivre et sont donc un vecteur d’influence en plus d’un rôle économique. Ainsi s’est diffusée la Kpop, le yoga ou encore le sushi à travers le monde. L’Inde, par sa diaspora savante se distingue dans le domaine des nouvelles technologies. En effet, 40% des ingénieurs de la Silicon Valley sont Indiens et sont des PDGs de grandes entreprises comme Sundar Pichai pour google, Satya Nadella pour Microsoft, Arving Krishna pour IBM ou encore Shantany Narayen pour Adobe. Cela témoigne donc de la capacité des pays asiatiques et d’un grand savoir faire grâce au développement d’une industrie de pointe.

Lire plus: le développement de l’Inde: économie et défis

 

Toutefois une croissance sans développement réel qui met à part une partie de la population

 

a) Tout d’abord notons que la notion de développement est très occidentale et comprend bien souvent la question de la liberté et de la démocratie.

Cette vision est contestée, notamment en Asie où plusieurs pays ne répondent pas trop aux critères démocratiques purs comme la Chine, le Pakistan, le Cambodge, le Laos, la Corée du Nord. La population a bien souvent moins de pouvoir, de droits et de sécurité sociale. D’autres, au contraire, comme Taiwan, le Japon ou la Corée du Sud figurent parmi les démocraties jugées les plus parfaites.

Si les ZES captent les IDE et contribuent grandement à l’économie, les travailleurs sont bien souvent laissés pour compte. En effet, pour attirer les capitaux et inciter les entreprises à s’implanter, les mesures de protection du travailleur sont affaiblies. De fait, si on parle de croissance miraculeuse de l’ordre de 5 à 10% dans les NPIA et en Chine, cela ne s’accompagne pas nécessairement d’un développement qualitatif.

Ex : en Inde, 50% de la population vient avec moins de 2€ par jour

Lire plus: les théories socio-économiques du développement 

 

b) Par ailleurs le développement s’est souvent fait de manière très inégale.

Alors que le nombre de milliardaires a explosé, la part des populations en situation de pauvreté reste considérable. Les régions favorisées sont souvent situées sur les littoraux car elles sont directement reliées aux flux commerciaux et donc intégrées dans la mondialisation. C’est le phénomène de la littoralisation. En effet, la majorité des grandes villes comme Karachi, Mumbai, Manille, Tokyo, Singapour, Hong Kong, Shanghai etc ont un accès aux voies maritimes ou aux grandes vallées fluviales.

Ex : on voit notamment une nette division entre la Chine costale qui draine la croissance et la Chine de l’intérieur. De récentes études ont montré que seulement 8,5% de la population, résidant dans 6% des villes chinoises, représente 43% des dépenses de consommation globale de ménages et que 1% de la pop la plus aisée possède 33% de la richesse du pays.

 

c) Enfin, le développement se fait parfois aux dépends de certaines populations minoritaires.

Ex : l’Inde est un pays composite qui regroupe plusieurs ethnies et le système repose sur un principe de castes qui renforce cette division sociale et économique. Ainsi la communauté Sikh ne dispose pas des mêmes privilèges, tout comme les Ouighours en Chine

 

On peut également mentionner la corruption qui sévit dans certains pays et qui participe encore une fois à maintenir les inégalités de classes.

Il faut cependant distinguer des exceptions comme le Japon qui a connu un développement qualitatif. Il a adopté une stratégie d’industrialisation rapide qui lui a permis de monter en technologie. Précurseur, les NPIA ou les Dragons asiatiques (Jong Kong, Corée du Sud, Singapour et Taiwan) ont suivi son modèle de développement et font partie des pays dits développés.

Lire  plus: l’Asie du Sud-Est: une mosaïque de situations?

 

III.  La question démographique et identitaire des populations qui revient au cœur des réflexions dans le processus de développement

 

a) certains pays sont arrivés au dernier stade du modèle de la transition démographique.

Ils font désormais face à un vieillissement accéléré de la population et à une baisse de la population.

Ex : au Japon, la population diminue d’environ 400 000 habitants par an. Cela est dû à plus grande participation des femmes à l’économie et à un cadre de vie et de travail effréné qui n’incite pas à la natalité. La Chine voit quant à elle les effets de la politique de l’enfant unique. Ainsi, sa croissance économique diminue depuis 2014, date qui est corrélée au déclin de la population. Cela pose également des questions sur les retraites alors que la population est vieillissante grâce  aux progrès de la médecine qui ont allongé la durée de vie.

 

Le déclin de la population pose des questions économiques quant à la capacité des pays à maintenir leur rythme de production et une croissance soutenue.

 

b) Le déclin démographique soulève également des questions identitaires.

Faut-il s’ouvrir à la migration ? Le Japon y est pour l’instant fermement opposé mais la question pourrait devenir plus pressante dans les décennies suivantes.

 

c) dans le même temps, d’autres pays comme l’Inde ne sont pas encore arrivés à ce stade dans le modèle de la transition démographique et ont un taux de natalité élevé.

L’Inde a par exemple des difficultés à réguler la concentration extrême de la population dans les villes. 40% de l’habitat urbain est en réalité des bidonvilles. De fait les villes sont hyper pollués, l’aménagement urbain est quasi inexistant, ce qui engendre des problèmes de congestion et sanitaires.

Lire plus: comprendre les enjeux de la croissance démographique

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Coralie Vacher